Sur la Bourse canadienne, c’est au cours des prochains jours que s’amorcera la ronde des résultats d’entreprises pour le deuxième trimestre, ainsi que la mise à jour de leurs perspectives d’affaires et de leurs prévisions de résultats des prochains trimestres.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Pour le moment, les attentes des investisseurs en Bourse semblent partagées entre l’optimisme suscité par le regain de tonus de l’économie canadienne et le pessimisme suscité par les signaux persistants d’un ralentissement de l’économie mondiale.

« Pour la première fois depuis de nombreux mois, les révisions des bénéfices sont devenues plus négatives au Canada qu’aux États-Unis. Et ces révisions ont été généralisées entre les secteurs au cours du dernier mois », notent les économistes et analystes de marché de la Financière Banque Nationale, dans leur Mensuel boursier de juillet.

Deux entreprises canadiennes d’envergure seront premières sur scène : le détaillant en alimentation Loblaw (Provigo et Maxi au Québec) et l’entreprise de camionnage TFI, nommée TransForce auparavant.

Chez Loblaw, mercredi, les analystes anticipent un bénéfice net trimestriel autour de 362 millions, en hausse considérable par rapport au bénéfice net de l’an dernier amputé de frais spéciaux. Les revenus trimestriels sont attendus en hausse de 2 %, aux environs de 11,1 milliards.

Chez le transporteur TFI, après un premier trimestre 2019 relativement fort, les analystes s’attendent jeudi à l’annonce d’un bénéfice en hausse annualisée de 14 %, aux environs de 92 millions. Et ce, malgré une croissance modérée des revenus trimestriels à 3 % seulement en terme annualisé, aux environs de 1,26 milliard.

Suivi anxieux des résultats aux États-Unis

En Bourse américaine, la suite des résultats de deuxième trimestre des entreprises retient l’attention cette semaine, alors que s’accentuent les conséquences économiques du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis. Jusqu’ici, les résultats annoncés par une cinquantaine d’entreprises de l’indice S&P 500 se sont avérés moins mauvais que prévu : bénéfice en hausse moyenne de 1,1 % sur un an, revenus en hausse de 2,2 %.

Toutefois, signalent des analystes, ce premier contingent d’entreprises était dominé par des géants bancaires et financiers, dont les résultats à court terme sont moins touchés par les disputes commerciales. C’est au tour des entreprises des secteurs industriel et de commerce international d’entrer en scène. Avec des annonces attendues à risque élevé d’impacts négatifs sur les récents résultats. 

« Les prévisions de résultats aux États-Unis demeurent proches d’une “récession des bénéfices” [NDLR : baisse moyenne de 2 % des bénéfices de 2e trimestre, après le repli de 0,1 % au 1er trimestre], ce qui a parfois suscité des épisodes baissiers de quelques mois en Bourse, avec un repli moyen de 13 % du S&P 500 », avertit Martin Roberge, analyste chez Canaccord Genuity.