L’affaire Prometic vient de rebondir à l’Assemblée nationale. Le député indépendant de Chomedey, Guy Ouellette, a interpellé le ministre des Finances hier durant la période des questions pour lui faire part de ses inquiétudes entourant le dossier de la société biopharmaceutique installée dans sa circonscription à Laval.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

« Le 15 avril dernier, des milliers d’actionnaires de Prometic ont subi une prise de contrôle hostile déguisée. La participation d’un actionnaire établi aux îles Caïmans est passée de 3 % à 81 %. Pendant que des milliards de dollars produits au Québec vont finir aux îles Caïmans, des milliers d’actionnaires ont été abandonnés. L’Autorité des marchés financiers a dit qu’elle allait se pencher sur les doléances des actionnaires. Si l’AMF est une organisation responsable et professionnelle qui est toujours en processus d’amélioration continue, est-ce que le ministre pourrait nous confirmer que l’AMF va procéder à une enquête officielle ? », a demandé Guy Ouellette.

En réponse, le ministre des Finances, Eric Girard, s’est montré préoccupé, tout en assurant que l’AMF était « en action » sur ce dossier.

« Est-ce que le ministre pourrait nous dire comment il compte répondre aux questions des milliers d’actionnaires inquiets et lésés par leurs administrateurs ? », a renchéri Guy Ouellette.

« C’est un dossier important, l’AMF s’en occupe », a dit Eric Girard.

Guy Ouellette tentait d’obtenir l’assurance que l’enquête de l’AMF serait effectuée dans les « plus brefs délais », par des enquêteurs « spécialisés » et en collaboration avec les forces policières.

L’AMF a tenu la semaine dernière une conférence téléphonique d’une trentaine de minutes avec des dizaines de participants, essentiellement des investisseurs frustrés par le plan de recapitalisation de Prometic.

Ce plan inclut notamment la conversion en actions de quelque 230 millions de dollars de dette envers son plus important créancier — la société de placement de la famille Thomson — et une importante émission d’actions au prix unitaire de 1,5 cent.

La restructuration donne le contrôle d’environ 80 % des actions à la famille Thomson, diluant massivement au passage les petits actionnaires. Prometic a demandé à la Bourse de Toronto — et obtenu — la dispense de l’obligation de faire approuver son plan par les actionnaires, « étant donné que l’entreprise connaît de graves difficultés financières ».

Consultez le profil boursier de Prometic.