Le chercheur américain Robert Gallo a félicité lundi son rival français Luc Montagnier d'avoir décroché le prix Nobel de médecine 2008 par ses travaux qui ont conduit à la découverte du rétrovirus responsable du sida.

Mis à jour le 7 oct. 2008
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je félicite les lauréats du prix Nobel de médecine de cette année et suis heureux que mon ami de longue date et confrère, le Dr Luc Montagnier, ainsi que sa collègue Françoise Barré-Sinoussi, aient eu cet honneur», a déclaré le virologue américain.

«J'ai été reconnaissant de lire dans la déclaration du Dr Montagnier de ce matin que j'étais également méritant», a-t-il ajouté.

Le Dr Gallo s'est aussi réjoui du fait que les membres du comité du Nobel aient choisi de reconnaître l'importance du sida. «Je suis fier que mes collègues et moi-même continuions nos recherches pour mettre au point un vaccin anti-sida à l'Institut de Virologie de la faculté de médecine de l'Université du Maryland», a-t-il souligné.

Sans minimiser les travaux du Dr Gallo, un des responsables du comité Nobel, Hans Joernvall, a indiqué plus tôt à l'AFP que ce dernier était désormais d'accord pour dire «que la découverte a été faite à Paris».

C'est le 20 mai 1983, dans un article publié dans la revue américaine Science, que l'équipe des professeurs Montagnier et Barré-Sinoussi, de l'institut Pasteur, a décrit un nouveau virus baptisé LAV soupçonné d'être responsable du syndrome d'immunodéficience acquise (sida).

En avril 1984, Margaret Heckler, ministre américaine de la Santé, annonçait en fanfare la «découverte» du virus du sida baptisé «HTLV-III» par l'équipe du Pr Gallo.

En 1984, la découverte américaine est publiée dans quatre articles dans la revue Science, dont l'un est accompagné de photos du virus français.

La rivalité Gallo-Montagnier, ravivée par la guerre des brevets, a débouché sur un accord en 1987. Sur les tests, un nouvel accord est intervenu en 1994, jugé plus satisfaisant pour Pasteur.