L’Agence spatiale européenne va envoyer en orbite en 2025 un éboueur spatial suisse capable de capturer les satellites morts qui encombrent les pourtours de la Terre.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« C’est le bon moment pour une telle mission », a déclaré par voie de communiqué Luc Piguet, fondateur et PDG de ClearSpace, une compagnie dérivée de travaux menés à l’École polytechnique fédérale de Lausanne. « Le problème des débris spatiaux n’a jamais été aussi urgent. Il y a en ce moment 2000 satellites actifs en orbite, et plus de 3000 satellites morts. Dans les prochaines années il y aura dix fois plus de satellites, grâce à des constellations de télécommunications et de surveillance qui compteront des centaines, voire des milliers de satellites. Il nous faut une remorqueuse pour nous débarrasser des satellites inactifs. »

Au début de la semaine, l’ESA a annoncé les résultats de sa compétition de technologies anti-débris spatiaux. ClearSpace va recevoir du financement pour sa dernière phase de développement, estimée à 130 millions d’euros par le site Space.com.

La cible de la mission de 2025 est un adapteur de la fusée de l’ESA Vega. L’adapteur Vespa est un déchet spatial depuis sa première utilisation en 2013. Il sert à envoyer plus d’un satellite en orbite à bord de Vega. Quand ClearSpace1 aura capturé Vespa avec ses quatre bras articulés, il rentrera dans l’atmosphère, où il se désintégrera. Vespa pèse 100kg.

« Même si on ne lançait plus de satellites demain matin, la quantité de débris spatiaux continuerait à augmenter à cause des collisions », a expliqué dans le communiqué Luisa Innocenti, qui dirige le projet « Espace propre » de l’ESA.