L'ancien petit ami de Gabrielle Dufresne-Élie, assassinée en 2014, a été reconnu coupable du meurtre non prémédité de la jeune femme, après six jours de délibérations du jury.

Mis à jour le 5 nov. 2018
Marissa Groguhé LA PRESSE

Jonathan Mahautière, maintenant âgé de 22 ans, avait admis son crime peu après les événements. Le Montréalais était à peine majeur lorsqu'il a tué Gabrielle Dufresne-Élie qui, elle, n'avait que 17 ans. La jeune femme a été étranglée dans une chambre du motel Chablis de la rue Sherbrooke Est, à Montréal, le 7 juin 2014.

Plus de 10 personnes, dont la mère et la soeur de la victime, se sont succédé à la barre des témoins lors du procès, tenu au palais de justice de Montréal depuis le mois de septembre.

Puisqu'il était déjà établi que Mahautière avait commis le meurtre, le jury avait à déterminer son intention de faire ce geste.

La défense s'appuyait principalement sur les problèmes de santé mentale de l'accusé pour obtenir un verdict de non-responsabilité criminelle, qui lui aurait évité la prison à perpétuité.

Il serait atteint d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) avec « impulsivité marquée, sévère et non médicamentée » et d'un trouble de l'adaptation avec humeur anxieuse et dépressive.

« Nous sommes surpris du verdict, considérant la preuve administrée de trouble mental affectant l'intention de tuer », a déclaré Marie-Hélène Giroux, avocate de Jonathan Mahautière, dans un bref courriel adressé à La Presse.

Jointe en début de soirée hier par La Presse, la mère de Gabrielle Dufresne-Élie, Marlène Dufresne, se reposait et était trop bouleversée par ces moments éprouvants pour commenter la décision du jury. La famille prend maintenant un peu de temps loin du téléphone et d'internet, à la suite de près de deux mois de procès, mais surtout de quatre ans sans jugement.

UNE SÉPARATION QU'IL N'AURAIT PAS ACCEPTÉE

Gabrielle Dufresne-Élie et Jonathan Mahautière formaient un couple depuis plus de deux ans, en 2014, mais vivaient des problèmes depuis le commencement. Gabrielle avait dû se faire avorter au début de leur relation, alors qu'elle avait 15 ans, ce qui avait beaucoup déplu à son petit ami lorsqu'il l'a appris, selon ce qu'a révélé le procès.

Peu avant le meurtre, la victime aurait dit au jeune homme qu'elle voulait qu'ils se séparent pour de bon. C'est parce qu'il n'acceptait pas cette rupture qu'il a tué la jeune femme, avait avancé la Couronne.

Les deux adolescents s'étaient retrouvés dans la chambre de motel après une journée passée ensemble et une séance de thérapie de couple.

Jonathan Mahautière aurait étranglé Gabrielle Dufresne-Élie au moment où elle a souhaité quitter les lieux pour respecter son couvre-feu de 22 h 30.

C'est le jeune homme lui-même qui avait appelé le 9-1-1 après avoir commis le meurtre, mais les enregistrements de l'appel ont démontré qu'en une demi-heure environ, il n'avait jamais été très précis sur l'état de Gabrielle et semblait surtout se soucier de ce qui allait lui arriver à lui.

Un premier procès, tenu en 2017, avait avorté à la suite de la dissolution du jury, qui n'était pas parvenu à une décision unanime. Les jurés avaient à ce moment-là le choix entre une culpabilité de meurtre au deuxième degré et une culpabilité de meurtre involontaire. Lors du deuxième procès s'était ajoutée l'option de non-responsabilité criminelle.

Puisqu'il a été reconnu coupable d'homicide, Jonathan Mahautière sera condamné à la prison à perpétuité. Il faudra dès lors déterminer combien d'années il devra purger avant d'être admissible à une libération conditionnelle. Les audiences sur la peine auront lieu à la fin du mois.

Photo tirée de Facebook

Gabrielle Dufresne-Elie