Un homme de 37 ans a perdu la vie dans des circonstances suspectes après avoir été vraisemblablement poussé dans un escalier, à Pointe-Saint-Charles dimanche. Moins de deux semaines plus tôt, deux jeunes hommes avaient été atteints par balle à 200 mètres de là. Il n’y aurait toutefois pas de lien entre les deux affaires, selon le SPVM.

Mis à jour le 7 août
Lila Dussault
Lila Dussault La Presse

Les habitants de la rue Ash, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, commencent à avoir l’habitude des gyrophares. Dimanche après-midi, un vaste périmètre de sécurité a été établi par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à l’angle des rues Ash et Le Ber, face au parc du même nom.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

L’équipe d’identification judiciaire du SPVM était sur les lieux lors du passage de La Presse.

Le poste de commandement et l’équipe d’identification judiciaire du SPVM se sont déplacés sur les lieux après qu’un homme eut été retrouvé gisant sans vie au pied d’un escalier extérieur. Les services d’urgence ont été appelés vers 12 h 30 dimanche. Il s’agirait d’une agression dans un logement qui s’est terminée par la chute de la victime, âgée de 37 ans, explique Mariane Allaire-Morin, relationniste pour le SPVM, rencontrée sur les lieux.

Dans ce secteur, les immeubles n’ont pas d’escaliers en hauteur devant. L’agression se serait donc déroulée, selon toute vraisemblance, à l’arrière. Là, des sorties de secours et escaliers en spirale mènent de nombreux appartements à un stationnement.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Un parc se trouve tout près de l’endroit où est survenu le drame.

À l’arrivée des services d’urgence, la victime se trouvait au pied de l’escalier. Les policiers ont tenté des manœuvres de réanimation, sans succès. « Son décès a été constaté sur place », précise Véronique Comtois, relationniste du SPVM.

Un suspect a été arrêté en soirée et emmené en centre de détention, où il devait être rencontré par des enquêteurs.

Enquête en cours

Les causes du décès ne sont pas déterminées pour l’instant ni les circonstances qui ont mené à la chute.

L’homme a-t-il été poussé ? A-t-il chuté ? Ce n’est pas clair.

Mariane Allaire-Morin, relationniste pour le SPVM

La thèse du meurtre est bel et bien envisagée par le SPVM, mais elle n’est pas confirmée, précise-t-elle.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Le SPVM doit rencontrer de nombreux témoins dans le cadre de son enquête.

Le SPVM doit notamment rencontrer de nombreux témoins qui ont « vu ou entendu » ce qui s’était passé, d’abord dans l’appartement puis à l’extérieur.

La nature du lien entre la victime et le suspect – famille, amis, etc. – n’est pas connue pour le moment.

Double tentative de meurtre

Les habitants du quartier rencontrés par La Presse autour du périmètre de sécurité sont surpris – et inquiets – des évènements. C’est qu’il y a un peu moins de deux semaines, dans la nuit du 27 au 28 juillet, à 200 mètres de là dans la même rue, une scène policière semblable se déroulait.

Deux jeunes hommes de 18 et 20 ans avaient été grièvement blessés par balle dans une « double tentative de meurtre », selon Mme Allaire-Morin. Après avoir été déclaré dans un état critique à l’hôpital, leur état s’était finalement stabilisé.

« On ne pense pas qu’il y a un lien [entre les deux affaires] », a toutefois précisé Mariane Allaire-Morin à La Presse dimanche.

N’empêche, les résidants du quartier, composé de rues résidentielles bordées d’immeubles d’habitation entourant un petit parc, sont ébranlés.

Doris Lévesque, qui habite à quelques minutes à pied, s’inquiète des évènements violents survenus récemment.

Je sors moins le soir désormais. Je fais mes marches de jour.

Doris Lévesque, résidante de Pointe-Saint-Charles

Pour un autre résidant, qui habite le secteur depuis 30 ans et qui a préféré témoigner de façon anonyme, la tournure des choses est préoccupante. « [Samedi] soir, il y avait des feux d’artifice, mais j’avais comme peur [de sortir], illustre-t-il. Je me disais : “On va être plus en sécurité dans la maison.” »

L’homme affirme que le quartier, depuis au moins 20 ans, est très tranquille. « On veut vivre dans la sécurité. Ici, on dit bonjour à tout le monde. Mais là, le soir, il n’y a plus personne dans les cours », déplore-t-il.

Malgré tout, la vie semble suivre son cours. Au passage de La Presse, des promeneurs arpentaient le parc Le Ber, un père et son fils jouaient au basketball juste en face du périmètre de sécurité de la police, des gens se prélassaient sur leur balcon dans la chaleur accablante et d’autres faisaient des exercices.

De l’avis de Marie-Nathalie Martineau, résidante de la rue Ash, cet air de normalité après des évènements aussi « anormaux » est troublant. Elle aimerait réussir à comprendre ce qui provoque cette vague de violence dans son quartier.