Nez cassé, menaces avec un couteau, simulations d’accident en voiture… Un journaliste sportif et auteur montréalais qui a commis plusieurs actes de violence physique et psychologique envers son ex-femme mériterait d’être condamné à la prison pour au moins 12 mois, selon le ministère public.

Publié le 20 janvier
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Jonah Keri, qui était commentateur sportif spécialisé dans le baseball de plusieurs réseaux anglophones de télévision et de radio, a plaidé coupable en août 2021 pour ces évènements.

« Les faits dans cette affaire sont tellement sérieux, c’est un cas tellement grave, qu’il faut une peine de prison », a plaidé le procureur de la Couronne, MBruno Ménard, jeudi au palais de justice de Montréal, lors des observations sur la peine à imposer à Keri.

Lorsqu’il a plaidé coupable, Jonah Keri a admis plusieurs des gestes qui lui étaient reprochés, qui se sont produits sur plusieurs mois, en 2018 et en 2019.

Par exemple, l’ex-journaliste a déjà donné un violent coup de tête au visage de son ex-femme, alors enceinte, lui fracturant le nez.

Au cours d’une autre dispute, il a sorti un couteau de cuisine et a menacé de s’en servir pour lui ouvrir le ventre et en sortir le bébé qu’elle portait.

Keri a déjà saisi son ex-femme par les épaules en menaçant de la jeter d’un balcon. Et à deux occasions, alors que le couple roulait en voiture, Keri s’est mis à conduire de façon erratique, menaçant de provoquer un accident pour qu’ils meurent tous les deux.

« Ce sont des situations de violence extrême », a dénoncé Me Ménard.

« Pas le même qu’il y a deux ans »

Même si Keri a admis ces faits, son avocat, MJeffrey Boro, soutient qu’une peine de prison serait inutile, puisque son client est déjà réhabilité : il s’est repris en main grâce à la thérapie, à la méditation et à un changement dans sa médication.

« L’homme que vous avez devant vous aujourd’hui n’est pas le même qu’il y a deux ans, a soutenu MBoro. Il a fait des efforts incroyables pour se réhabiliter et s’attaquer aux racines du problème. »

L’avocat de la défense a aussi affirmé que Jonah Keri souffrait d’une maladie mentale à l’époque où il s’est montré violent, et que ses médicaments ne fonctionnaient pas. « Comment le tribunal devrait-il traiter une personne avec un problème de santé mentale ? », a-t-il demandé.

Un peu plus tôt, l’accusé avait témoigné, en pleurs, en implorant son ex-femme de lui pardonner « ces actes horribles ». Il avait détaillé les moyens qu’il avait pris pour devenir « une meilleure personne » et affirmé qu’il ne ferait plus de gestes violents, peu importent les circonstances.

« Vous avez quelqu’un qui gagnait un quart de million par année, qui était bien connu à Montréal et qui, en faisant ce qu’il a fait, dans la condition mentale où il se trouvait, a tout perdu et doit rebâtir sa vie, a dit MBoro. C’est une punition. Il est l’artisan de ses propres malheurs, mais c’est la situation avec laquelle il doit vivre. »

Le juge Alexandre Dalmau prononcera la peine dans cette affaire le 23 mars prochain.