Alors que son procès pour tentative de meurtre allait s’amorcer mardi, un accusé a sauvagement agressé les deux agents correctionnels qui le surveillaient dans le box des accusés au palais de justice de Montréal. Le syndicat des agents réclame que les juges cessent de démenotter les accusés incarcérés.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

« On dit depuis des années que ça n’a pas de bons sens de les démenotter ! », s’insurge au bout du fil Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec. « Il va falloir que cette pratique arrête, compte tenu du risque que ça peut représenter », ajoute-t-il.

La magistrature se défend toutefois d’avoir agi avec négligence en ordonnant de retirer les menottes de l’accusé. « Après vérifications, le juge a suivi la procédure habituelle. Il a également demandé au responsable de la sécurité s’il avait des objections au retrait des menottes », a assuré Caroline St-Pierre, porte-parole de la Cour supérieure.

L’accusé aurait carrément explosé tout juste avant la pause du matin. Sans avertissement, il aurait alors frappé les agents correctionnels, avant d’arracher les plexiglas installés pour des motifs sanitaires. Une scène sanglante, selon nos informations.

« Il a essayé de se sauver, mais les constables sont intervenus », explique le président du syndicat. L’agression a provoqué tout un branle-bas de combat au palais de justice de Montréal. Les deux agents ont été transportés à l’hôpital en ambulance. Notons qu’on ne peut nommer l’accusé afin de respecter une ordonnance de la cour.

Il est commun qu’un accusé demande qu’on lui retire ses menottes pendant son procès afin de lui permettre de prendre des notes. Toutefois, cela nécessite souvent la présence de deux agents correctionnels, comme dans le cas présent, au lieu d’un seul pour surveiller un accusé menotté.

Dans le cas présent, une directrice des autorités carcérales s’est présentée devant le juge mardi matin pour discuter des mesures de protection sanitaires entourant l’accusé. Des plexiglas temporaires ont été installés de chaque côté de la chaise de l’accusé dans le box à la suite d’une décision permettant à l’accusé de retirer son masque durant le procès, a expliqué par courriel une porte-parole du ministère de la Sécurité publique.

Selon Mathieu Lavoie, l’accusé n’aurait jamais dû être démenotté, peu importe la raison, alors qu’il aurait participé à deux agressions en prison. « Il a été trouvé à fréquentes reprises avec des armes artisanales », précise-t-il.

Une enquête est en cours et pourrait mener à des accusations à l’égard de l’accusé.