Un ex-enseignant au secondaire de Montréal « désillusionné » par sa profession a été condamné mardi à 21 mois de prison pour avoir envoyé des images de son pénis à d’anciennes élèves pendant des discussions sexuellement explicites. Francis Faille était prêt à « faire le party » et à « montrer ben des affaires » aux jeunes filles.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

L’homme de 46 ans semblait sous le choc en se faisant passer les menottes mardi matin au palais de justice de Montréal, la veille de son anniversaire. L’ex-enseignant a néanmoins échappé à une peine bien plus sévère, puisque la Couronne réclamait trois ans de pénitencier.

Accro à la cocaïne et à l’alcool en 2017, Francis Faille s’en est pris à deux anciennes élèves de l’école secondaire Édouard-Montpetit, où il enseignait dans des programmes adaptés aux jeunes ayant des troubles d’apprentissage. À l’époque, il se disait « amer » et frustré parce qu’il n’avait pas obtenu le poste voulu à l’école.

C’est dans ce contexte que Francis Faille a fait des demandes d’amitié à d’anciens élèves sur Facebook à l’été 2017. En discutant avec une ado de 16 ans sur Messenger, Francis Faille lui propose de « faire le party » chez lui en buvant de la bière et en fumant des joints. Il confie alors être « toujours horny dans la vie » et lui propose de « poursuivre en cam[éra] ». Francis Faille envoie alors une vidéo de son pénis en érection.

« En parlant d’apprentissage sexuel, l’accusé dit être prêt à faire plaisir à une belle petite mignonne en référant à [la victime]. Il ajoute être prêt à aller tellement loin et lui montrer ben des affaires », selon le résumé des faits.

À la même période, Francis Faille a montré ses parties génitales à une autre ancienne élève de 15 ans sur une application.

Devant cette preuve « accablante », Francis Faille a plaidé coupable l’an dernier à des chefs de leurre informatique et d’avoir rendu accessible à un enfant du matériel sexuellement explicite. Depuis son arrestation, il s’est pris en main pour se défaire de sa dépendance à l’alcool et à la drogue, selon son avocat MCharles Benmouyal.

Même s’il reconnaît avoir une « tendance à l’exhibitionnisme », Francis Faille estime n’avoir aucunement besoin de suivre une thérapie spécialisée sur sa problématique sexuelle. Il blâme ainsi sa consommation de drogue à l’époque. « En outre, il minimise les conséquences potentielles chez les victimes ainsi que son degré de responsabilité. Il nie tout risque de récidive », déplore la juge.

« Ce n’est pas rassurant. Tout risque est loin d’être écarté », ajoute-t-elle.

Néanmoins, une peine de 21 mois de prison a été jugée adéquate par la magistrate, puisque la peine minimale – 18 mois – reflète déjà la « gravité » des infractions.

À sa sortie de détention, il lui sera interdit pendant 10 ans d’occuper un emploi où il pourrait être en autorité sur des enfants. Il n’enseigne plus depuis son arrestation.