(Québec) Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) devra se trouver un nouveau chef dans les prochains mois, puisque son directeur a annoncé lundi son intention de partir à la retraite.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Les cinq années de Robert Pigeon à la tête du SPVQ n’auront pas été de tout repos. La capitale a été la cible de plusieurs crimes sordides, de l’attentat à la grande mosquée de Québec jusqu’à l’attaque au sabre à l’Halloween.

« De traverser de tels moments aux côtés d’un homme comme Robert, c’est unique. Je m’en rappellerai toute ma vie. La police a été proche de la perfection », a salué lundi le maire Régis Labeaume.

Le maire de Québec n’a pas tari d’éloges à l’égard de M. Pigeon, même s’il a admis que le SPVQ avait encore beaucoup de travail à faire pour assurer la diversité culturelle dans ses rangs.

Le départ du chef de police n’est pas une surprise à l’hôtel de ville. Promu directeur en 2016, M. Pigeon avait fait savoir son intention de rester en poste pour un mandat de cinq ans. À 61 ans, l’homme part donc à la retraite. Il assure qu’il n’est pas en discussion avec un autre corps de police.

« C’est le moment pour moi de partir », a-t-il laissé tomber, disant vouloir se consacrer à des projets personnels.

Le processus pour lui trouver un remplaçant sera mis en branle incessamment. Le chef actuel doit ensuite former son successeur et quitter en juin.

Selon Robert Pigeon, le plus grand défi de son successeur sera d’adapter le service de police aux enjeux de santé mentale, qui prennent de plus en plus de place dans le travail quotidien des policiers.

Représenter la diversité

Le maire veut un nouveau chef « moderne », comme l’était selon lui M. Pigeon. « Être moderne c’est comprendre que sociologiquement on a des problèmes qui vont continuer à augmenter. »

Le maire n’a d’ailleurs pas caché que le SPVQ doit mieux représenter la diversité culturelle, dans une ville de plus en plus métissée. Le SPVQ n’a aucun policier noir et compte une vingtaine de policiers issus des communautés culturelles ou autochtones.

« Quand je dis que le nouveau chef devra être empathique, ça veut aussi dire qu’il devra comprendre à quoi ressemblera la population de Québec dans dix ans, par exemple », a avancé le maire.

La Ville de Québec a d’ailleurs engagé à l’automne une nouvelle experte-conseil en diversité, équité et inclusion. Iréna Florence Harris travaille déjà auprès du SPVQ pour établir un plan d’action.

« On a besoin au SPVQ de Noirs, de musulmans, d’Autochtones. On doit diversifier ce service de police », résume le maire.

« Si on a 10 % de la ville qui est issue de la diversité, dit-il, alors on doit viser 10 % des effectifs du service de police qui viennent de la diversité. »

Robert Pigeon a une longue feuille de route. Avant son arrivée au SPVQ, il a œuvré au Bureau de l’inspecteur général de la Ville de Montréal et comme directeur des opérations et enquêtes à la commission Charbonneau.

Il a eu une longue carrière à la Sûreté du Québec, où il a combattu le crime organisé et les motards criminalisés. Il est l’un des membres fondateurs de l’opération Carcajou.