Un mois après les acquittements de Gilbert Rozon et d’Éric Salvail, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a décidé vendredi après-midi de ne pas en appeler des deux jugements. Les juges n’ont commis aucune erreur de droit et de fait, selon le ministère public.

Mis à jour le 15 janv. 2021
Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

« Ce verdict est basé sur l’appréciation de la crédibilité des témoins et, puisque nous ne relevons aucune erreur de droit, nous annonçons notre décision de ne pas le porter en appel », a écrit sur Twitter la porte-parole du DPCP MAudrey Roy-Cloutier dans le dossier d’Éric Salvail.

À propos du jugement Rozon, MRoy-Cloutier explique que le ministère public « ne peut en appeler pour une question de fait ».

Cette décision du DPCP n’étonne aucunement Patricia Tulasne, comédienne et porte-parole des Courageuses qui maintient avoir été agressée par Gilbert Rozon. « Je n’ai jamais pensé une seule minute qu’ils feraient appel pour ces dossiers. Ils ne peuvent pas gagner », a-t-elle commenté, en entrevue avec La Presse.

Selon Patricia Tulasne, ce dénouement montre les « limites de la justice ». « Chacune de ces décisions suscite des réflexions dans la société. Le droit et la justice vont devoir s’adapter. On voit qu’il y a des limites pour obtenir justice dans le droit actuel. Cette décision fait juste conforter cet état », analyse-t-elle.

L’ancien grand patron de Juste pour rire a été acquitté le 15 décembre dernier des deux chefs d’accusation de viol et d’attentat à la pudeur. La juge Mélanie Hébert a cru le témoignage de la plaignante Annick Charette qui a raconté avec aplomb avoir été agressée sexuellement par Gilbert Rozon il y a 40 ans.

Cependant, la juge a fait bénéficier l’accusé du « doute raisonnable », même si sa version « apparaît moins plausible » que celle de la plaignante. Son témoignage était en effet « plausible [et] exempt de contradictions susceptibles d’en affecter la crédibilité ou la fiabilité ». Rappelons qu’il soutient s’être réveillé avec la plaignante en train de « se faire l’amour » sur lui.

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Éric Salvail

Quant à l’ancien animateur vedette Éric Salvail, il a été acquitté le 18 décembre dernier d’accusations d’agression sexuelle, de harcèlement criminel et de séquestration à l’égard de Donald Duguay. Le juge Alexandre Dalmau a souligné les problèmes de crédibilité et de fiabilité du témoignage du plaignant. « Il est impossible d’avoir confiance en son témoignage », a conclu le juge.

Donald Duguay a affirmé avoir été agressé par Éric Salvail dans des toilettes de Radio-Canada, où les deux hommes travaillaient en 1993. L’animateur a plaidé pour sa part qu’il ne travaillait même pas à Radio-Canada à cette époque et qu’il n’a jamais exhibé son sexe à Donald Duguay.