Un ex-professeur de l’UQAM qui a terrorisé de jeunes adolescentes pendant des mois en se masturbant devant elles à vélo s’est montré repentant jeudi dans l’espoir d’éviter un casier judiciaire. Mais malgré sa longue thérapie, Benoît St-Onge peine toujours à expliquer pourquoi il a ciblé ces jeunes filles, d’ailleurs traumatisées par les évènements.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Dans la tourmente après avoir plaidé coupable à des accusations d’actions indécentes dans un endroit public il y a un an, Benoît St-Onge a démissionné de son poste de professeur de géographie à l’UQAM en juin dernier, une « décision extrêmement pénible », a-t-il révélé jeudi, lors des observations sur la peine.

À l’automne 2018 et au printemps 2019, Benoît St-Onge s’est masturbé à de nombreuses reprises devant des adolescentes de 12 à 14 ans du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie à Outremont. « Je n’aurais jamais touché aux victimes, je ne leur parlais pas. Je ne voulais pas leur faire peur », a-t-il assuré.

Surnommé « l’homme au vélo orange », Benoît St-Onge a échappé aux policiers pendant des mois. Ses fuites constantes ont contribué au « stress généralisé » des élèves, explique Yves Petit, directeur général du Pensionnat, dans une lettre déposée à la cour. Chaque fois qu’une adolescente joignait le 911, il était « trop tard ».

« L’ensemble des élèves de l’école et leurs parents ont entretenu des craintes », ajoute-t-il. Au moins 12 jeunes filles ont été ciblées par l’exhibitionniste, selon M. Petit. Certaines d’entre elles ont eu des symptômes de stress post-traumatiques, sans compter une peur généralisée de marcher ou d’utiliser les transports en commun.

Benoît St-Onge assure regretter « énormément » ses gestes « odieux, criminels et inexcusables ». Il ajoute être « habité de profonds remords » et espérer que les victimes ne soient pas marquées à vie par sa faute. Un casier judiciaire risque cependant de l’empêcher de décrocher son prochain emploi. Il espère, « en toute humilité », pouvoir continuer de partager ses connaissances. Sinon, « il y aurait une perte pour la société », ajoute-t-il.

Le professeur retraité affirme avoir « commencé à perdre la tête » dans un contexte familial difficile. Il explique à la cour avoir recherché de « l’adrénaline et des émotions fortes » en commettant ses crimes. « Je me disais : Benoît, maintenant tu arrêtes. C’est fini. Un prof d’université qui commet des choses comme ça. Je me croyais, à tort, invincible psychologiquement », témoigne-t-il.

Mais ses nombreuses séances de thérapie ne semblent pas avoir fait la lumière sur ses motivations sexuelles. Ainsi, en contre-interrogatoire, il a difficilement expliqué ce qui l’a poussé à viser de jeunes adolescentes. « Il y avait des occasions, j’imagine […]. C’était un secteur plus propice », avance-t-il d’abord. « C’est complexe. [Les experts] me disent que c’est multifactoriel », ajoute-t-il.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

MPierre-Olivier Bolduc, procureur de la Couronne

Pressé de questions par le procureur de la Couronne, MPierre-Olivier Bolduc, l’ancien professeur finit par expliquer que « le risque que la police se mette à [ses] trousses était moins grand avec de jeunes filles qu’avec des adultes ». Toutefois, il soutient qu’il s’exhibait également devant des femmes adultes qui n’ont « pas porté plainte ».

Les plaidoiries sur la peine sont prévues le 22 janvier prochain.