Un homme de 27 ans arrêté dans la foulée d’une enquête sur une agression commise par de faux livreurs de pizza l’été dernier à Montréal a plaidé coupable à une accusation de possession d’une arme à feu dans un but de trafic, vendredi, au palais de justice de Montréal.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

La poursuite, assurée par Me Philippe Vallières-Roland, et la défense, représentée par Me Marc-Antoine Roch, se sont entendues sur l’imposition d’une peine de 21 mois de prison à Houssien Ghaith, mais ce sera au juge Salvatore Mascia de la Cour du Québec d’entériner ou non cette suggestion commune, lors d’une prochaine audience, dans une dizaine de jours.

Toute cette affaire a débuté le 18 juillet dernier, lorsqu’une jeune femme a été agressée par deux hommes armés qui se sont fait passer pour des livreurs de pizza, dans un immeuble de la rue Joffre, dans l’est de la métropole.

Les enquêteurs de la région Est du SPVM ont alors déclenché une importante enquête baptisée Escalier pour tenter de trouver les coupables et le commanditaire de l’attaque.

Rapidement, leurs soupçons se sont tournés vers Jean-Sébastien Cormier, ex-conjoint de la jeune femme.

En écoutant et suivant Cormier, ils ont entendu ce dernier parler d’armes à feu avec Houssien Ghaith, et se rendre au lieu de travail de ce dernier, le garage Picci.

Selon un résumé des faits lu en cour par Me Vallières-Roland, les enquêteurs ont vu Ghaith discuter avec Cormier et faire un geste comme s’il tenait une mitraillette.

Le 10 septembre dernier, ils ont entendu les deux hommes parler de calibres, et Ghaith expliquer comment fonctionnait un type d’armes. Durant la conversation, il a également été question d’un chauffeur qui livrerait une arme.

Le lendemain, les enquêteurs ont perquisitionné chez Cormier et découvert un fusil semi-automatique de style AR-15. Ils l’ont ensuite arrêté, de même que Ghaith.

Jean-Sébastien Cormier est accusé d’introduction par effraction, de séquestration et de possession d’une arme à autorisation restreinte avec munitions. Sa cause est toujours devant les tribunaux.

Lors de son enquête sur remise en liberté, une policière du SPVM a évoqué le fait que la vengeance, le vol et une dette envers la mafia pourraient être le ou les mobiles du crime.  

Les deux faux livreurs de pizza n’ont pas encore été retrouvés par les policiers. Fait à noter, après le crime, ils se sont débarrassés de différents objets ; boîte de pizza vide, attaches autobloquantes, rouleau de ruban adhésif et menottes, que les policiers ont tôt fait de retrouver et de récupérer.

Sur l’un des rouleaux de ruban adhésif, les policiers ont retrouvé les empreintes de Cormier. Sur la boîte de pizza, il y avait un reçu daté du 26 mai précédent et portant l’adresse de Cormier. En se rendant au restaurant, les agents ont appris que la commande avait été faite par l’internet et que le numéro de téléphone fourni était celui de l’ancienne femme de Cormier.

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