(Laval) Le jeune homme de 17 ans accusé du meurtre d’un adolescent de 15 ans, le 1er janvier dernier, dans un parc du quartier Fabreville à Laval pourra retrouver sa liberté sous de sévères conditions en attente de son procès, a tranché mercredi la juge Martine Nolin en chambre de la jeunesse du palais de justice de Laval.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

La décision a été accueillie difficilement par les parents de la victime, forts émotifs à leur sortie de la salle. Le jeune accusé, qui avait 16 ans au moment des faits, a très peu réagi en apprenant la nouvelle. Dans le box des accusés, l’adolescent au visage poupin a regardé le sol pendant presque toute l’audience.

« C’est une bonne nouvelle. C’est un jugement courageux, une décision à laquelle on va pouvoir référer dans le futur », a commenté l’avocat du jeune, Me Normand Haché, en mêlée de presse. Son jeune client ne réalise toutefois pas encore l’ampleur de la décision. « Il a énormément de conditions. La juge a été très, très stricte », a-t-il expliqué.

La décision de la juge est couverte par une ordonnance de non-publication. De plus, la preuve présentée pour convaincre la magistrate de garder l’accusé détenu ne peut être publiée, ainsi que les noms des mineurs impliqués dans cette affaire.

C’est la Couronne qui avait le fardeau de démontrer la nécessité de garder l’adolescent détenu pendant toute la durée des procédures judiciaires. Or, la juge Nolin a refusé la demande, comme les critères de la loi n’étaient pas remplis.

La Couronne devait notamment prouver que l’adolescent avait une probabilité marquée de ne pas se présenter devant le tribunal ou que sa détention était nécessaire pour protéger le public ou les témoins et qu’il avait des risques marqués de commettre une infraction grave.

Il y a deux semaines, la Couronne avait déposé de nouvelles accusations contre l’adolescent, dans un dossier non relié au meurtre. Le jeune fait ainsi face à quatre chefs d’accusation de voies de fait, de voies de fait armées, d’extorsion et de menaces envers un autre mineur.

La procureure de la Couronne Marie-Ève Vautier a également indiqué à la juge lors de la dernière audience avoir déposé une demande d’assujettissement à une peine pour adulte. Ainsi, la Couronne pourra demander au tribunal de lui imposer une peine pour adulte, si le dossier se conclut par une reconnaissance ou une déclaration de culpabilité.