L’homme de 31 ans accusé jeudi en lien avec l’attaque au bâton d’une femme de 34 ans près du métro Beaubien et deux autres attaques similaires vivait en situation d’itinérance à Montréal.

Nicolas Bérubé Nicolas Bérubé
La Presse

L’accusé, Simon Coupal Gagnon, a déjà été condamné à six mois de prison, y compris une période de détention préventive, pour menaces, voies de fait et séquestration, en 2017.

Selon un proche qui l’a bien connu, l’homme originaire de Chambly vivait en situation d’itinérance depuis 2015, notamment dans l'arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie.

« Je sais qu’il a déjà vécu dans un logement abandonné du boulevard Rosemont. L’hiver, il louait une chambre chez un ami, il faisait de la musique et aidait avec un petit café », explique cette personne, qui veut rester anonyme.

« Psychose toxique »

Coupal Gagnon a déjà été violent envers sa copine de l’époque en 2017, si bien que cette dernière a dû se cacher pendant quelques jours pour s’éloigner de lui. « Je sais aussi qu’il a déjà fait une psychose toxique. Mais quand je le voyais, il était allumé, lucide, il était content de son choix de vivre dans la rue, de ne pas avoir d’attaches. »

Il a déjà fait des menaces envers moi, [m’a] menacé du poing, mais il n’est jamais passé à l’acte.

Un proche de Simon Coupal Gagnon

Jeudi, l’accusé a comparu par visioconférence au palais de justice de Montréal. Il fait face à des accusations de voies de fait graves et de voies de fait armées, en lien avec trois agressions : deux sont survenues le 13 décembre dernier et une le 13 février.

La juge Julie Riendeau a demandé que Coupal Gagnon soit rencontré par le service d’urgence psychosociale. L’accusé, vêtu d’un grand t-shirt jaune, demeure en détention. Il sera de retour devant la cour vendredi pour son enquête sur remise en liberté.

Attaques similaires

Mardi soir, la police avait diffusé des images et demandé l’aide du public pour mettre la main sur l’homme qui aurait attaqué à coups de bâton une femme près du métro Beaubien le 13 février dernier au soir.

La mère de famille se trouvait sur l’avenue De Chateaubriand, dans l'arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie, vers 21 h lorsqu’elle s’est fait frapper à la tête par un homme à coups de bâton de bois. Après s’être réfugiée dans l’édicule de la station de métro Beaubien, la femme a dû recevoir plusieurs points de suture à l’hôpital.

D’autres personnes avaient depuis témoigné s’être fait agresser dans des circonstances similaires à Montréal ces derniers mois, selon des témoignages recueillis par La Presse.

L’une d’elles, qui a subi une attaque le 13 décembre dans l’est du Plateau-Mont-Royal, est justement l’une des victimes présumées de Coupal Gagnon.

« C’est frappant à quel point notre agression est similaire, surtout que les policiers m’ont dit qu’ils ne voyaient jamais ça », avait expliqué lundi en entrevue Geneviève (prénom fictif).

Le 13 décembre dernier, Geneviève marchait dans un secteur résidentiel près de la rue Laurier Est, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, quand un homme qu’elle s’apprêtait à croiser lui a donné un puissant coup sur la tête avec un bâton de hockey de gardien de but.

« L’homme semblait tout à fait normal, il avait un regard clair. Il est arrivé, il a levé le bâton de toutes ses forces avec ses deux mains, et il m’a frappée à la tête. Je croyais que j’allais mourir. »

— Avec la collaboration d’Isabelle Ducas, La Presse