La meurtrière trans Jamie Boulachanis ne sera pas transférée dans un établissement pour femmes comme elle le demandait à la Cour supérieure. Le juge conçoit que la prison pour hommes n’est pas la situation « idéale » dans son cas, mais il affirme qu’elle ne subit pas « un traitement cruel et inhumain », comme elle le prétend.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Le juge Jean-François Buffoni a rejeté la requête de Jamie Boulachanis, qui purge une peine d’emprisonnement à vie dans une prison pour hommes à sécurité maximale, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour le meurtre prémédité de Robert Tanguay.

Lorsqu’elle a été condamnée, en 2016, Boulachanis ne s’identifiait pas publiquement comme une femme.

Jamie Boulachanis se plaint que son incarcération dans une prison pour hommes brime ses droits fondamentaux et affirme qu’elle y subit un traitement « cruel et inusité », notamment par du harcèlement constant des autres détenus.

Du côté des autorités carcérales, elles « tempèrent le récit de la situation », estimant que sa sécurité n’est pas compromise, entre autres parce qu'elles l’ont placé dans une aile avec des « codétenus qui ne sont pas violents ».

« Le service correctionnel offre d’ailleurs des accommodements à la requérante (Jamie Boulachanis), comme l’avantage de bénéficier d’une salle informatique pour elle seule », a notamment écrit le juge dans son jugement.

Il rappelle que le risque d’évasion de la détenue est toujours considéré élevé et que « les établissements pour femmes au Canada ne permettent pas actuellement d’accueillir des détenues avec un risque aussi élevé ».

Parce qu’en plus d’avoir fui la justice pendant 13 ans, Jamie Boulachanis a essayé de s’évader d’un fourgon lors d’un transport à la cour et, plus récemment, elle a confié à une agente qu’elle avait un plan d’évasion.

« La situation actuelle n’est certainement ni idéale ni parfaite, et certaines améliorations sont nécessaires », conclut le juge Jean-François Buffoni dans sa décision, tout en ajoutant que « le service correctionnel fait ce qui est en son pouvoir pour remplir au mieux ses obligations auprès de Jamie Boulachanis, tout en protégeant le public ».