(Alma) Un des hélicoptères de la Sûreté du Québec (SQ) s’est écrasé alors qu’il poursuivait sa recherche des cinq motoneigistes français portés disparus à Saint-Henri-de-Taillon, au Lac-Saint-Jean.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
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Isabelle Ducas Isabelle Ducas
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L’accident s’est produit dans le secteur de l’île Beemer. L’hélicoptère s’est écrasé sur un plan d’eau. Seul le pilote se trouvait à bord. Il a subi des blessures mineures et on ne craint pas pour sa vie.

Les causes de l’événement qui fera l’objet d’une enquête ne sont pas encore connues. Cet accident ne nuira pas aux recherches en cours, indique la SQ.

Un guide montréalais

Le guide qui accompagnait les huit touristes français dans une sortie tragique sur le lac Saint-Jean venait de Montréal.

Benoit L’Espérance, 42 ans, a été retrouvé mort par les autorités, a confirmé la Sûreté du Québec. Avec l’énergie du désespoir, le motoneigiste avait réussi à regagner la berge. Retrouvé par les secours, il était mort une fois rendu à l’hôpital d’Alma.

Cinq touristes français manquent toujours à l’appel. La Sûreté du Québec a mobilisé deux hélicoptères et des plongeurs de Montréal et Québec sont venus prêter main-forte. Trois autres touristes sont hors de danger.

Selon les premiers éléments, les neuf motoneigistes ont circulé dans un endroit du lac Saint-Jean où les motoneigistes du coin ne s’aventurent jamais.

« Ils n’ont pas réalisé où ils étaient. Le lac Saint-Jean, il y a 18 pouces de glace, il y a des pêcheurs avec des cabanes, il n’y a pas de problème. Mais où ils ont passé, c’est l’entrée de la Grande Décharge. Ça ne gèle pas », explique Charles Tremblay, propriétaire de la station d’essence de Saint-Henri-de-Taillon.

C’est dans son commerce que trois Français ont fait irruption hier en début de soirée. Ils avaient perdu leurs cinq compatriotes et leur guide québécois. Les trois circulaient sur le lac quand l’un d’eux a coulé. Les deux autres l’ont repêché et sont revenus sur leurs pas pour atteindre la station-service. Les trois sont arrivés sur deux motoneiges, laissant l’une d’elles à l’eau.

Ils ont tenté d’appeler leurs amis, sans succès. La police a été alertée à 19 h 30.

Les six autres motoneigistes sont probablement tous tombés dans l’eau. « Il reste une certaine possibilité, peu probable, qu’ils aient pu se réfugier sur une île aux alentours. On en est là », a expliqué le porte-parole de la SQ, Hugues Beaulieu.

Le secteur où le groupe s’est dirigé est reconnu comme une zone interdite par les gens du coin.

« C’est un coin très dangereux. C’est la décharge du lac Saint-Jean », explique Laval Fortin, membre du club des motoneigistes du Lac-Saint-Jean.

« Nous on navigue avec des repères. On sait où ne pas aller. L’île Ronde, c’est notre repère. Il ne faut pas aller à gauche de l’île Ronde, dit-il. C’est de l’eau claire, ça gèle pas, ça coule à l’année. »

Le groupe s’est pourtant dirigé à gauche de l’île Ronde. Il faisait déjà noir. Ils se rendaient à Saint-Gédéon, dans une auberge. Le chemin qu’ils ont emprunté était, sur papier, le plus rapide.

« Le beau sentier, ça ne retarde pas », lance Charles Tremblay, qui pense que les motoneigistes ont tenté de sauver quelques minutes.

Selon France Info, les touristes sont originaires de l’est de la France. Les trois rescapés sont des Alsaciens originaires de la région du Haut-Rhin. Parmi les cinq portés disparus, deux autres, âgés de 24 et 34 ans, sont des Alsaciens, et trois, âgés de 24, 25 et 58 ans, sont originaires de la région voisine des Vosges, rapporte la radio publique française.

Le groupe avait quitté mardi matin le Relais 22 milles, une auberge pour motoneigistes située au nord de La Tuque. La propriétaire, Christine Reis, les a accueillis la veille, à leur arrivée.

« Benoît était un guide expérimenté, que l’on voyait souvent avec de gros groupes, dit Mme Reis. Il venait six ou huit fois par hiver, parfois deux fois dans la même semaine. »

En arrivant à l’auberge lundi soir, Benoît L’Espérance lui avait confié que les Français qu’il guidait étaient particulièrement sympathiques.

Au moment du souper, elle a remarqué qu’une bonne entente régnait entre eux et qu’ils semblaient bien profiter de leur séjour. Mardi matin, tous sont partis à l’heure convenue, et toutes les motoneiges semblaient en ordre, souligne Mme Reis.

« Nous sommes vraiment ébranlés par ce qui est arrivé. On répète continuellement à nos clients d’être prudents », dit-elle.

« Je ne peux pas présumer de qui est en faute dans cet accident-là parce qu’il va y avoir une enquête, puis les recherches se font présentement », a ajouté Andrée Laforest.

Cet accident survient en pleine Semaine internationale de la sécurité en motoneige, alors que le gouvernement du Québec prévoit de nouvelles normes de sécurité. La ministre du Tourisme Caroline Proulx doit faire l’annonce jeudi d'un encadrement supplémentaire pour les agences de tourisme.