(Ottawa) Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a indiqué jeudi que c’est le besoin de formation contre le racisme pour tous ceux qui travaillent dans le système judiciaire qui a été au cœur des discussions avec ses homologues des provinces et territoires, au cours des deux derniers jours.

La Presse Canadienne

Le ministre québécois de la Justice, Simon Jolin-Barrette, et sa collègue de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, ont participé aux discussions mercredi et jeudi, respectivement.

Selon M. Blair, les ministres de la Sécurité publique et de la Justice des provinces et territoires ont reconnu que la police, les procureurs et les juges pourraient bénéficier d’une meilleure compréhension des réalités culturelles des Autochtones et des communautés racisées au Canada.

Lors d’un point de presse après la rencontre, jeudi, le ministre fédéral a souligné la nécessité de respecter l’indépendance judiciaire, mais il a précisé que cela ne devrait pas entraver les efforts d’éducation et de formation.

Dans le plus récent discours du Trône, le gouvernement libéral promettait une loi et des fonds pour lutter contre les inégalités systémiques à toutes les étapes du système de justice criminelle.

Ces engagements sont pris dans un contexte de préoccupations croissantes concernant le traitement injuste des Noirs et des Autochtones, qui sont surreprésentés devant les tribunaux et dans les prisons.

Le gouvernement a notamment promis des mesures sur la détermination de la peine, la réadaptation, l’amélioration de la surveillance civile de la Gendarmerie royale du Canada et des normes sur le recours à la force par la police.

De plus, les libéraux ont promis d’accélérer les travaux sur un cadre législatif pour les instances policières des Premières Nations en tant que service essentiel, une approche qui est considérée comme vitale pour assurer la sécurité dans les communautés autochtones.

« J’ai eu des réunions initiales avec des dirigeants autochtones à travers le pays sur cette question importante », a déclaré M. Blair, jeudi.

« Et nous sommes saisis de l’urgence de veiller à ce que tous les peuples autochtones reçoivent des services de police culturellement compétents, adéquats et efficaces, respectueux de leur juridiction, responsables devant les gens et qui serviront à assurer leur sécurité. »

Les ministres ont également discuté du port possible par les policiers de caméras corporelles comme un moyen d’essayer de contribuer à une plus grande responsabilisation, s’entretenant notamment du plan de la GRC de déployer de tels dispositifs, a ajouté M. Blair.

Dans un rapport publié cette semaine, la commission de surveillance de la GRC a constaté que les politiques de la police nationale manquaient de directives claires en ce qui concerne la collecte, l’utilisation et la conservation des informations relatives aux manifestations civiles.

La GRC a fait part de son intention de réformer les pratiques de traitement des données de manière à mieux protéger les droits des militants.

M. Blair a déclaré jeudi qu’il y avait « clairement du travail à faire » pour s’assurer que la GRC et les autres services de police sont transparents et imputables de leurs actions.