L’homme de 38 ans qui a heurté neuf personnes, dont deux enfants, lors de collisions successives mercredi dans l’arrondissement de Montréal-Nord, a comparu jeudi au palais de justice. Il fait face à six chefs d’accusation.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Selon un document judiciaire obtenu par La Presse, Marco Bernier a été accusé de conduite dangereuse causant des blessures, de délit de fuite, de voies de fait et d’agression armée, son véhicule étant considéré comme une arme. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) affirme toutefois qu’il est possible que d’autres accusations pour conduite avec les facultés affaiblies par la drogue soient déposées contre lui.

Peu après les évènements, mercredi, les autorités avaient d’abord soutenu que rien ne laissait croire que l’alcool ou la drogue seraient en cause. Ils ont toutefois changé de position au cours des dernières heures, en interrogeant le suspect et ses proches notamment.

Nos enquêteurs ont réalisé qu’il prenait des stupéfiants à l’occasion, et qu’il était possible qu’il en ait consommé avant de conduire ce jour-là.

Manuel Couture, porte-parole du SPVM

Une analyse sanguine a été demandée en tant qu’élément de preuve. Les résultats seront connus au cours des prochaines semaines. « Ce n’est pas nécessairement de la drogue. Ça se peut aussi que ce soit des médicaments, surtout s’il avait un dosage très fort, qui l’aient influencé », rappelle M. Couture.

Le suspect n’avait pas eu de démêlés avec la justice depuis une dizaine d’années, selon le plumitif de la Cour. Il a obtenu son congé de l’hôpital jeudi, mais devra subir une évaluation en santé mentale. Au moment de son arrestation, M. Bernier semblait « confus », avait souligné le SPVM. Son retour devant le tribunal est prévu ce vendredi.

Quartier bouleversé

C’est peu avant 13 h, mercredi, que la police avait été appelée à intervenir dans un quartier résidentiel de Montréal-Nord. D’après les informations du SPVM, le conducteur aurait d’abord heurté un premier piéton à l’angle du boulevard Langelier et de la rue de Dijon, après un virage.

Il aurait ensuite quitté les lieux « précipitamment », et continué à circuler à basse vitesse. À la hauteur de l’avenue Valade, il aurait heurté huit autres personnes, dont six adultes et deux enfants, qui se trouvaient déjà sur le trottoir. Au total, neuf personnes ont donc été heurtées.

Dany Gadbois, employé du dépanneur Normandie Dijon, non loin de la scène, dit être arrivé sur les lieux quelques minutes après la deuxième collision. Il a raconté à La Presse avoir porté assistance à une femme au sol qui était en détresse, en attendant l’arrivée des policiers.

« Elle était vraiment en mauvais état. Sa tête était ensanglantée, elle perdait beaucoup de force. Son fils, qui était dans une poussette, était en état de choc », a-t-il relaté. Selon ses collègues, qui ont été témoins de la scène, le conducteur aurait littéralement « foncé sur le monde » qui attendait devant un local de la Société Saint-Vincent-de-Paul.

Plusieurs personnes ont été transportées d’urgence dans des centres hospitaliers à proximité. Jeudi, aucune d’entre elles n’était en danger de mort, un « soulagement » pour la police montréalaise.

— Avec Louis-Samuel Perron, La Presse