(Longueuil) Un homme de Boucherville arrêté l’an dernier par l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale de la GRC (EISN) et accusé pour avoir menacé le premier ministre Justin Trudeau et la communauté musulmane sur les réseaux sociaux est de retour en cour aujourd’hui pour être accusé d’encouragement au génocide.

Gabrielle Duchaine Gabrielle Duchaine
La Presse

André Audet, 62 ans, est tombé dans la ligne de mire des autorités pour des menaces publiées sur plusieurs sites web, a indiqué la GRC dans un communiqué de presse publié lundi matin.

La Presse avait révélé en janvier l’arrestation de M. Audet. Il avait à l’époque comparu au palais de justice de Longueuil pour répondre à des accusations d’incitation publique à la haine et d’avoir fomenté volontairement la haine contre un groupe identifiable. Les policiers avaient mené en octobre 2019 une perquisition à son domicile pour saisir des appareils électroniques.

C’est l’analyse de cette preuve, faite au cours des derniers mois, qui a mené au dépôt des nouvelles accusations, explique le corps de police fédéral. L’homme doit comparaître aujourd’hui, toujours à Longueuil, pour faire face à des accusations d’intimidation d’une personne associée au système judiciaire ou d’un journaliste et d’encouragement au génocide.

« Les accusations résultent d’une enquête après avoir reçu des informations concernant des publications préoccupantes sur le web. Il est présumé qu’André Audet utilisait divers pseudonymes sur plusieurs réseaux sociaux. Les enquêteurs ont recensé une centaine de publications haineuses, menaçantes et/ou incitant à la violence sur les comptes ciblés. Notamment, l’accusé incitait à la mort du premier ministre Justin Trudeau et encourageait l’éradication des musulmans », dit le communiqué.

C’est la première fois qu’une enquête de la GRC au Québec mène à des accusations d’encouragement au génocide. Un homme de Granby a toutefois fait l’objet d’une accusation semblable il y a quelques mois, mais il avait été arrêté par la police de Granby. Valentin Auclair, 38 ans, avait accusé après avoir tenu des propos haineux en ligne à l’égard de plusieurs groupes minoritaires sur un site russe. Il avait aussi été accusé d’avoir incité à la haine contre un groupe identifiable, accusation à laquelle il a plaidé coupable. Il a été condamné à sept mois et demi de prison.

Rencontré en janvier au palais de justice, André Audet avait expliqué vouloir prendre connaissance de la preuve avant de commenter les accusations qui pèsent contre lui.

Une source gouvernementale avait confié à La Presse voir dans ce phénomène un « effet de la polarisation du discours public ». « Le premier ministre a relevé pendant la campagne à quel point certains propos allaient loin. C’est désolant de voir ça. La polarisation a des conséquences. C’est quelque chose que les politiciens et la population devraient garder en tête », avait expliqué cette source, qui n'était pas autorisée à aller de cette affaire aux médias.

Ce matin, la GRC a profité de la comparution de André Audet pour lancer un appel au public, lui demandant de dénoncer de tels comportements sur l’internet.

« La GRC prend au sérieux toutes menaces pouvant affecter le sentiment de sécurité. Aucun propos violent n’est toléré. Les auteurs peuvent faire face à des accusations criminelles et sont passibles de peines sévères. Il est nécessaire de dénoncer de tels actes afin de contrer ce type de criminalité. »

Le corps policier invite les gens qui auraient des renseignements à les contacter aux numéros suivants : 514-939-8300/1-800-771-5401.