Ronald Weinberg, cofondateur et ancien grand patron de Cinar condamné à neuf ans de détention pour une fraude monumentale de 120 millions en 2016, a touché la Prestation canadienne d’urgence (PCU) au printemps, révèle la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC).

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’homme de 69 ans, qui profite depuis juin 2019 d’une libération conditionnelle totale, n’aura toutefois aucune sanction pour cette « erreur ». Ronald Weinberg a en effet remboursé le gouvernement, après avoir obtenu les 2000 $ de la PCU. Rappelons que ce programme d’urgence a été lancé par Ottawa pour venir en aide aux Canadiens qui ont perdu leur travail en raison de la pandémie.

« Dans les jours suivants, vous avez reconnu que votre demande d’aide financière était questionnable, comme vous êtes largement en mesure de subvenir à vos besoins. Vous étiez embarrassé par la situation », explique la CLCC dans une décision rendue publique jeudi. Ronald Weinberg a en effet écrit une lettre pour indiquer que son geste était « moralement mauvais ».

L’intervenant de Ronald Weinberg demeure néanmoins « préoccupé » par l’opportunisme du fraudeur. Cet incident lève d’ailleurs le voile sur la capacité de manipulation de ce dernier, selon l’intervenant. Toutefois, pour la Commission, Ronald Weinberg ne semble pas se préparer à reprendre ses activités frauduleuses et paraît avoir « appris quelque chose sur lui-même ».

La Commission lui impose cependant une condition spéciale lui interdisant formellement d’obtenir une aide financière gouvernementale.

En mars dernier, la Cour d’appel du Québec a confirmé la condamnation de Ronald Weinberg et de ses complices John Xanthoudakis, ex-PDG de Norshield, et Lino Matteo, ex-PDG de Mount Real. Les trois hommes ont été reconnus coupables en 2016 au terme de deux ans de procès, le plus long de l’histoire du pays devant jury.

Cofondateur de la maison de production Cinar, fleuron québécois à l’époque, Ronald Weinberg a manigancé le transfert de plus de 120 millions de dollars des fonds de l’entreprise vers des sociétés bidon aux Bahamas entre 1997 et 2005.