Simon Dufresne, porté disparu depuis la mi-février 2019, et dont le corps n’a jamais été retrouvé, aurait été tué par balles, démembré et brûlé, selon la police.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

C’est ce que révèlent des documents judiciaires dont La Presse a obtenu copie.

Cinq hommes ont été arrêtés mercredi et ont comparu jeudi au Palais de justice de Joliette pour leur rôle présumé dans la mort de Simon Dufresne, 31 ans, un individu au lourd passé criminel.

Deux d’entre eux, Jonathan Provencher, 41 ans, de Deux-Montagnes et Alfredo Rodriguez Farinas, 29 ans, de Saint-François-du-Lac, font face à des chefs de meurtre au premier degré, séquestration, complot et complicité après le fait.

Un montréalais, Jonathan Tshinkenke, 20 ans, est accusé de séquestration, de complot pour meurtre et de complicité après le fait, Yvon Camirand, 54 ans, de Saint-Calixte fait face à un chef de complicité après le fait, alors que Stéphane Larouche, 47 ans, également de Saint-Calixte, fait face à des chefs de séquestration et de complicité après le fait.

Ils demeurent détenus en attendant la suite des procédures.

Deux femmes ont également été arrêtées par la Sûreté du Québec mais celles-ci ont été relâchées, sans comparaître.

Mésentente fatale

Selon nos informations, la victime, Simon Dufresne, connaissait trois des cinq accusés ; Jonathan Provencher, pour avoir déjà été associé avec lui dans la production de stupéfiants et dans un projet immobilier, ainsi que Tshinkenke et Rodriguez-Farinas, qui auraient déjà été ses colocataires. Les deux autres accusés, Larouche et Camirand, seraient des employés de Provencher, et habiteraient sur le même rang que celui-ci.

C’est en mars 2019 que la disparition de Dufresne a été signalée à la police de Saint-Jérôme qui a ensuite transféré le dossier à la Sûreté du Québec.

Selon les informations obtenues en cours d’enquête par les enquêteurs des Crimes contre la personne de la SQ, une mésentente aurait éclaté entre Dufresne et Provencher vers le 13 février, pour une raison inconnue, et à partir de ce moment, un complot aurait été organisé pour tuer Dufresne. Le ou vers le 13 février 2019, Dufresne aurait été tué par balles dans sa résidence située sur la rue Saint-Georges à Rawdon. Le même jour, des accusés auraient récupéré le corps de Dufresne, l’auraient emballé dans des sacs, chargé à bord de la camionnette F-350 noire de Provencher, et transporté sur un terrain de la rue Boisjoly à Saint-Calixte.

Dans les jours qui ont suivi, la résidence où le meurtre a eu lieu à Rawdon a été nettoyée. Le corps de la victime aurait ensuite été démembré et brûlé sur le terrain de Saint-Calixte où il avait été transporté. Plus tard, Provencher aurait disposé de son F-350 en faisant appel à un remorqueur.

Sa tête mise à prix

Selon les documents, Dufresne était connu dans le milieu du crime organisé et avait un contrat sur sa tête.

D’après nos informations, le jeune homme aurait eu plus d’un contrat sur sa tête, notamment parce qu’il aurait fait le trafic de stupéfiants sans respecter les règles, sur des territoires loués par des membres des Hells Angels.

Toutefois, rien n’indique, pour le moment du moins, que les Hells Angels seraient impliqués dans les événements qui ont mené à l’assassinat de Simon Dufresne.

D’après nos informations, la Sûreté du Québec aurait fait appel à un agent d'infiltration pour mener à bien son enquête.

Selon des sources policières et du milieu criminel, Simon Dufresne, et des membres de son entourage, étaient connus pour réaliser des vols de drogues et de recettes de la vente de stupéfiants (burns) sur la couronne nord de Montréal.

Simon Dufresne a été condamné à une peine de pénitencier il y a quelques années pour son rôle dans la mort d’Anthony Bibeau. Ce père de famille avait été abandonné par ses amis dans un banc de neige près d’une route, alors qu’il s’était effondré pendant un party bien arrosé en 2012.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca