Pour la quatrième fois en moins d’une semaine, un quatrième bar a été le théâtre d’un incendie criminel vendredi soir, toujours dans le même secteur, le nord de Montréal.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

L’attentat est survenu vers 23 h lorsqu’un ou des incendiaires ont lancé un cocktail Molotov à l’intérieur du bar Cherry, situé sur le boulevard Crémazie, près de l’avenue Musset, dans le quartier Saint-Michel. Personne n’a été blessé et les dégâts sont mineurs.

Le bar Cherry est connu des policiers comme étant un endroit où l’on vendait des stupéfiants, du moins jusqu’en 2013. La Régie des alcools, des courses et des jeux a suspendu les permis de l’établissement durant 60 jours en 2016.

En 2007 et 2010, les enquêteurs des sections Stupéfiants du SPVM ont effectué des perquisitions dans l’établissement et découvert certaines quantités de drogue. Des employés ont été arrêtés, accusés de trafic et condamnés.

En 2012, les policiers ont reçu de nouvelles informations de sources voulant que le trafic de stupéfiants se poursuivait dans le bar et ils ont envoyé un agent civil d’infiltration (ACI) effectuer des achats contrôlés. Lors d’une autre perquisition, de la drogue a été saisie et un autre employé a été arrêté et accusé. Le même manège s’est poursuivi en 2013.

En 2004, à la suite d’une autre enquête, les policiers se sont rendu compte que des services sexuels étaient offerts à l’étage supérieur de l’établissement.

Les policiers ont également répertorié certains événements de violence survenus dans le bar en 2013. La même année, ils ont voulu intervenir dans l’établissement pour un autre incident mais se sont heurtés à une porte fermée munie d’un système de déverrouillage à distance.

Entre lundi et jeudi, trois autres bars, le Cobra sur le boulevard Saint-Laurent, près de la rue Beaubien, dans la Petite Italie, le bar Au p’tit Buck, situé sur la rue Jean-Talon et le bar 1650, situé sur la rue Bélanger, ont été les cibles d’incendiaires. Deux d’entre eux appartiennent aux mêmes propriétaires qui possèdent également une entreprise de construction. Dans ces deux cas, les dommages sont mineurs et les attentats ont l’apparence d’un message lancé aux propriétaires.

Tous les mobiles sont possibles.

Des tentatives d’extorsion ou la collecte de dettes pourraient notamment expliquer ces crimes — ou une partie d’entre eux — alors que les groupes criminels seraient tentés de se tourner vers des activités traditionnelles pour maintenir un certain niveau de revenus en cette période de pandémie de la COVID-19.

Il est encore trop tôt pour parler d’une vague d’incendies criminels par laquelle un clan de la mafia montréalaise tenterait de s’accaparer les opérations d’un autre clan, ou de nouvelles tensions au sein de la mafia, comme cela s’est vu dans le passé.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca