Une meurtrière, qui a changé de sexe derrière les barreaux et a été transférée dans un pénitencier pour femmes l’an dernier, a échoué à faire casser en Cour d’appel sa condamnation pour meurtre et sa peine d’emprisonnement à vie, sans libération conditionnelle possible avant 25 ans.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Jamie Boulachanis, qui s’appelait John Boulachanis avant son changement de sexe, en 2018, a été reconnue coupable en 2016 du meurtre prémédité de Robert Tanguay, abattu en 1997 dans une sablière de Rigaud, en Montérégie.

Son avocat avait fait appel en plaidant notamment que le procès n’aurait pas dû évoquer son évasion presque réussie d’un fourgon cellulaire et sa tentative d’intimidation de témoins, avant son procès. Mais les trois juges de la Cour d’appel ont rejeté ces arguments.

Après le meurtre, la femme trans de 46 ans s’est enfuie en Grèce, en Ontario et aux États-Unis, vivant sous de fausses identités pendant une douzaine d’années, avant d’être arrêtée en Floride en 2011.

Tentative d’évasion à la Houdini

Lors de sa détention préventive, Boulachanis a fait une spectaculaire tentative d’évasion à la Houdini, en 2013, à Salaberry-de-Valleyfield : à l’aide de lames de métal insérées dans ses cavités corporelles, malgré des chaînes aux poignets et aux chevilles, elle a forcé la fenêtre d’un fourgon cellulaire et a réussi à se glisser par une ouverture de 6 pouces sur 18 pouces. Elle a toutefois été rapidement rattrapée par les agents des services correctionnels.

De la prison, la détenue a fait intimider des témoins et tenté d’en soudoyer d’autres, pour faire capoter son procès et être acquittée, selon la preuve présentée.

Le procès a révélé que Boulachanis voulait éliminer Robert Tanguay, qui participait au même réseau de vols de voitures, parce que ce dernier menaçait de dévoiler leurs combines à la police. De plus, Boulachanis avait une liaison avec la conjointe de Tanguay.

Transfert chez les femmes

Jamie Boulachanis a entrepris des consultations avec un psychiatre au sujet de sa dysphorie de genre à son arrivée au pénitencier de Donnacona, en décembre 2016. Elle a officiellement changé son prénom en octobre 2018 et a commencé l’hormonothérapie en janvier 2019.

En raison des risques d’évasion, le Service correctionnel du Canada a d’abord refusé qu’elle soit transférée du pénitencier à sécurité maximale de Donnacona, où elle est incarcérée, vers un établissement pour femmes. Mais un juge de la Cour fédérale a ordonné son déménagement en avril dernier, notant que la détenue avait fait l’objet de menaces de la part d’autres prisonniers.

Elle attendrait maintenant une opération de changement de sexe.