(QUÉBEC) Les parents d’enfants adoptés demandent au gouvernement Legault de respecter sa promesse d’augmenter leur nombre de semaines de prestations au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) pour qu’ils aient le même traitement que les parents d’enfants biologiques.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, devrait déposer jeudi à l’Assemblée nationale un projet de loi pour « améliorer la flexibilité du régime d’assurance parentale et favoriser la conciliation famille-travail ». Les parents d’enfants adoptés jugent qu’ils sont à ce jour « discriminés » et réclament d’avoir les mêmes droits que les familles biologiques.

« Les familles adoptantes sont discriminées par rapport aux familles biologiques, parce que, famille pour famille, on n’a pas la même chose que les autres », déplore Marielle Tardif, secrétaire de la Fédération des parents adoptants du Québec (FPAQ) et mère de deux jeunes enfants adoptés.

Lors de la campagne électorale, en septembre 2018, la Coalition avenir Québec (CAQ) a envoyé une lettre à la FPAQ indiquant qu’un « gouvernement de la CAQ augmentera le nombre de semaines de prestations pour les parents adoptants afin que ces derniers bénéficient des mêmes avantages que les parents biologiques, c’est-à-dire 55  semaines au lieu de 37 ». Au cabinet du ministre Boulet, mercredi, on a préféré ne pas indiquer si le projet de loi remplirait cette promesse.

UNE INJUSTICE À CORRIGER, DIT LE PQ

Si Québec ne corrige pas la situation, juge la FPAQ, il consacrera à nouveau « une non-reconnaissance des besoins des enfants adoptés, pourtant reconnus comme une population vulnérable ». Mme  Tardif explique entre autres que les enfants adoptés ont des besoins particuliers, notamment un besoin d’ancrage et d’attachement, et que seul le temps permet de les combler.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

La députée péquiste Véronique Hivon appuie également la Fédération dans ses démarches. Selon elle, le régime actuel perpétue « vraiment de la discrimination » et « une injustice très grave que l’on espère voir corrigée ».

« Comment peut-on justifier le simple fait que quelques centaines d’enfants au Québec ne puissent pas bénéficier de la présence de leurs parents aussi longtemps que des dizaines de milliers d’enfants biologiques ? […] De plus en plus de recherches sont claires et pointent même vers un congé parental plus important lorsqu’on adopte un enfant, puisqu’ils ont des besoins particuliers en raison des expériences qu’ils ont vécues », ajoute la députée.