Pendant des années, Erik Branz s'est filmé en train d'agresser sexuellement une adolescente lourdement handicapée. Une fois, sa victime regardait Barney, une émission pour enfants. Le pédophile de 46 ans doit écoper d'au moins six ans de prison pour ses crimes commis contre une victime « extrêmement vulnérable », a plaidé la Couronne hier.

Mis à jour le 6 sept. 2018
Louis-Samuel Perron LA PRESSE

Erik Branz a plaidé coupable en avril dernier à des accusations d'agression sexuelle, de production et de possession de pornographie juvénile et de voyeurisme. Embauché comme laveur de vitres par les parents de la victime, l'accusé a agressé sexuellement l'adolescente dans sa chambre à de nombreuses reprises entre 2009 et 2017.

La victime, qui avait 13 ans lors de la première agression, est incapable de s'exprimer en raison de son handicap. C'est d'ailleurs parce qu'il savait que sa victime ne le dénoncerait jamais qu'Erik Branz est passé à l'acte, a-t-il raconté à la juge Nathalie Fafard hier lors des observations sur la peine.

« Je savais qu'elle était handicapée. J'étais un lâche, je savais qu'elle ne pourrait pas en parler », a affirmé Branz.

« Il l'a fait avec nos yeux grands ouverts. Mais il s'en est tiré en toute impunité [he got away with murder], parce qu'il savait que ma fille ne dirait rien », s'est indigné le père de la victime, dont l'identité est protégée par une ordonnance de non-publication.

Depuis ces évènements, les membres de la famille de la victime peinent à faire confiance aux gens qui pourraient prendre soin de leur fille à l'extérieur de leur communauté tissée serré. « Notre confiance est brisée », résume le père de la victime.

Ce dernier semblait peu ému par les « profonds » remords exprimés par Erik Branz en salle de cour. L'accusé a présenté ses excuses à la famille et s'est dit accablé par une « grande honte ». Erik Branz a assuré être capable de « vaincre ses démons » en suivant des thérapies. « Je vous donne ma parole. »

« PEU D'EMPATHIE »

La procureure de la Couronne, Me Roxane Laporte, demande une peine de six ans et trois mois, alors que l'avocat de la défense, Me Luc Trempe, réclame une peine qui varie entre quatre ans et demi et cinq ans. La Couronne relève le « peu d'empathie » de l'accusé et ses crimes répétés contre une victime « extrêmement vulnérable » incapable de demander de l'aide. La défense fait valoir l'absence d'antécédent judiciaire de l'accusé, sa reconnaissance de culpabilité et l'absence de pénétration lors des agressions pour exiger une peine plus clémente.

Me Laporte a rappelé le rôle crucial des policiers dans cette affaire. En effet, les enquêteurs ont pratiquement dû trouver une aiguille dans une botte de foin pour retrouver l'adolescente. C'est seulement grâce à une fenêtre en arrière-plan dans les vidéos de l'accusé que les policiers ont été en mesure d'identifier le quartier. Puis, les policiers sont passés de maison en maison pour retrouver la victime.

La juge Fafard rendra sa décision le 15 octobre.