Un Montréalais de 51 ans, Gervais Levasseur, est soupçonné d'avoir incité des mineurs à des contacts sexuels en se faisant passer pour une adolescente sur un site de clavardage.

Caroline Touzin LA PRESSE

Son personnage de jeune fille se disait très attirée par les victimes - tous des adolescents âgés d'environ 15 ans- et cherchait à les rencontrer en personne, selon la Sûreté du Québec qui a mené l'enquête.

M. Levasseur aurait fait trois victimes en sept ans. Il aurait donné rendez-vous à sa première victime après une séance de clavardage en août 2003. Lorsque l'adolescent s'est rendu compte du subterfuge, il aurait quitté les lieux, selon la police.

Deux ans plus tard, en 2005, l'accusé aurait répété le même manège. Mais cette fois-ci, il n'y aurait pas eu de rencontre. Entre le 5 et le 20 juillet dernier, M. Levasseur aurait tenté à nouveau d'entrer en contact avec un adolescent. Une mauvaise surprise l'attendait: des agents de la SQ étaient au lieu de rendez-vous  pour le cueillir.

«C'est clair que le but du clavardage était sexuel. Ses propos étaient très explicites», a indiqué la porte-parole de la SQ, Hélène Nepton.

M. Levasseur a été inculpé de trois chefs de leurre au moyen d'un ordinateur cet après-midi au palais de justice de Montréal. L'accusé est un père de famille qui travaille pour un service de messagerie, selon son avocate, Me Fabienne Ranely.

Les policiers de l'Équipe intégrée d'enquête sur l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet ont saisi du matériel informatique à la résidence de l'accusé dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro. Les enquêteurs de la SQ n'ont pas terminé l'analyse de l'ordinateur. D'autres accusations pourraient être portées contre l'homme de 51 ans.

Gervais Levasseur n'en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Il s'est reconnu coupable en septembre dernier d'usage négligent d'une arme à feu, de menace de mort et d'entreposage négligent d'une arme à feu pour une affaire qui remontait à 2008. Il a écopé une sentence suspendue assortie d'une probation de deux ans sans surveillance.

La Couronne ne s'est pas objectée à sa remise en liberté cet après-midi, moyennant un cautionnement de 1000$. Il lui est interdit de se servir d'un ordinateur et de posséder une connexion Internet à son domicile. Il ne doit pas se trouver en présence de mineurs sans la supervision d'un adulte. Il ne doit pas fréquenter les parcs, garderies et autres endroits où il risque de croiser des enfants. L'accusé reviendra en cour le 16 août.