«Son état de santé ne s'améliore pas, mais il reste stable», dit Marcelle Guay au sujet de son mari Pierre Bernier, un des deux seuls survivants de l'écrasement d'un hydravion survenu vendredi au nord de Saguenay.

Paul Journet LA PRESSE

L'architecte de 59 ans a subi des brûlures au troisième degré. Il est hospitalisé à l'hôpital Enfant-Jésus de Québec. Mais ç'aurait pu être encore pire, selon Mme Guay. Sans Simon Bernier, son petit-neveu de 15 ans, son mari serait mort. «Les sauveteurs m'ont dit que si mon mari est vivant, c'est grâce à Simon. Il a sorti son grand-oncle de l'avion, il l'a aidé à se coucher et il lui a trouvé de la liqueur pour l'hydrater. C'est un héros», dit la résidante de Montmagny.

Vendredi dernier, vers 10h30, cinq membres de la famille Bernier et le pilote Gabriel Boivin ont décollé du lac Quatre à bord d'un hydravion DHC2-Beaver d'Air Saguenay, un service de transport de brousse. Ils devaient se rendre au lac Morgan pour un voyage de pêche.

«La dernière communication radio s'est faite à 13h, indique Chantal Laflamme, porte-parole du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST). Le pilote indiquait qu'il y avait du brouillard.»

L'hydravion aurait heurté une montagne peu après. Il s'est ensuite écrasé près de Chute-des-Passes, à environ 240 km au nord de Saguenay.

Simon Bernier était assis à l'arrière. Après l'écrasement, il aurait sorti son père Michel, ingénieur de Chambly. Son père lui aurait aussi demandé de sortir son jeune frère Louis, 12 ans. Les deux ont finalement péri, tout comme le pilote et son grand-oncle Réjean, professeur d'éducation physique à la retraite.

Simon Bernier a aussi sorti de la carlingue son autre grand-oncle, Pierre Bernier, mari de Marcelle Guay. Il a veillé sur lui pendant cinq heures en attendant le secours d'un avion Hercules des Forces canadiennes. «Ils voyaient des avions de secours passer au-dessus de leur tête, sans qu'on réussisse à les repérer, raconte-t-elle. Pendant tout ce temps-là, Simon s'est occupé de mon mari.»

Elle se dit impressionnée par le «sang-froid» de l'adolescent. «Je viens tout juste de raccrocher avec lui. C'est lui qui m'a appelée, pour me réconforter et prendre de mes nouvelles. Il paraissait encore très calme, mais je ne sais pas ce qui peut se passer dans la tête d'un adolescent, s'il aura un choc plus tard.»

Hier après-midi, Simon Bernier souhaitait ne pas parler de l'accident. «Ç'a été une longue journée, je préfère ne rien dire», a-t-il poliment expliqué.

Quant à sa grand-tante, elle n'avait pas encore réussi à parler à son mari hier. «Ma fille l'a vu tantôt, mais il ne peut pas parler, et il ne nous entend pas non plus, indique Marcelle Guay. Il est sous des sédatifs très forts, on ne peut pas communiquer avec lui.»

Une enquête est ouverte

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada a ouvert une enquête pour élucider l'accident. Un enquêteur doit s'adresser ce matin aux médias.