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Alexandre Bissonnette «n'est pas un monstre», plaident ses parents

Raymond Bissonnette et Manon Marchand, les parents d'Alexandre... (Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne)

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Raymond Bissonnette et Manon Marchand, les parents d'Alexandre Bissonnette, se sont exprimés devant les médias, jeudi.

Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne

(Québec) « Alexandre n'est pas un monstre », ont plaidé jeudi les parents d'Alexandre Bissonnette au terme des représentations pour déterminer sa sentence. Ils ont affirmé que la Couronne s'est « acharnée à démoniser » leur fils pour qu'il ne puisse pas demander une libération conditionnelle avant 150 ans. Le juge François Huot doit rendre sa décision le 29 octobre prochain.

Devant un petit lutrin, debout face à la presse, Raymond Bissonnette et Manon Marchand - les parents d'Alexandre Bissonnette, reconnu coupable d'avoir tué six Québécois de confession musulmane à la mosquée de Québec, en janvier 2017 - ont lu une déclaration écrite en français et en anglais. 

« Les témoignages des psychiatres sont venus expliquer les causes probables de son geste, particulièrement l'intimidation subie durant les années à l'école. (...) Pendant toutes ces années, nos interventions auprès des directions d'écoles [et des] enseignants n'ont rien donné pour mettre fin à cette situation », a rappelé M. Bissonnette. 

« Dans ses arguments devant le juge, la Couronne a dit que tous les jeunes subissent de l'intimidation à un moment donné dans leur jeunesse, [mais qu'ils] ne commettent pas de crimes pour autant. Je pense que cette approche banalise la souffrance réelle causée par l'intimidation et en minimise les effets néfastes », a dit le père d'Alexandre Bissonnette.

« Il est reconnu que l'intimidation (...) est une cause de trouble de santé mentale, qui peut durer toute une vie, et dans certains cas extrêmes, mener au suicide et même à des gestes violents. Malheureusement, la condition mentale d'Alexandre n'a pas été détectée par nous, les parents, ni par les professionnels de la santé qu'il a consultés à maintes reprises », a-t-il poursuivi.

« J'ai beaucoup de difficulté à comprendre l'attitude de la Couronne, d'avoir ignoré les problèmes de santé mentale d'Alexandre. Aucun examen psychiatrique n'a été demandé suite à son arrestation, malgré l'évidence de troubles de santé mentale dans ses propos. La Couronne s'est plutôt acharnée à [le] démoniser par tous les moyens afin d'obtenir un emprisonnement de 150 ans, soit la peine la plus sévère jamais donnée au Canada. Cela équivaut en soi à une peine de mort déguisée et éteint la moindre lueur d'espoir », a également affirmé M. Bissonnette.

Un mot aux victimes 

Dans le mot qu'il a lu, le père d'Alexandre Bissonnette s'est également adressé aux familles de victimes de l'attentat à la mosquée de Québec, ainsi qu'à la communauté musulmane québécoise. 

« J'ai assisté tous les jours (aux) représentations sur la sentence de mon fils. J'ai écouté l'immense tristesse exprimée par les victimes et leurs proches. J'aimerais leur faire part une fois de plus, en mon nom et au nom de ma famille, de toute notre compassion et notre sympathie pour eux dans cette terrible et dure épreuve », a-t-il affirmé en ouverture de son témoignage.

« À travers tout le désarroi (...), il y avait aussi beaucoup de frustrations qui ont été exprimées par des membres de la communauté musulmane, notamment par certains constamment victimes de préjugés religieux, tannés d'être pointés du doigt à chaque fois qu'un acte terroriste est commis dans le monde. (...) J'ai réalisé à quel point cette communauté se sent isolée et incomprise. J'ai réalisé aussi qu'il n'y a absolument rien qui pourrait changer les perceptions à l'égard d'Alexandre et je le comprends très bien », a-t-il affirmé. 

« J'ai honte », dit Alexandre Bissonnette 

À la fin des représentations, jeudi, Alexandre Bissonnette s'est présenté devant le juge François Huot pour y faire une déclaration finale. Habillé en vêtements de sport, pleurant à quelques reprises, il a affirmé qu'il avait honte des gestes qu'il avait commis. 

« Je voudrais réitérer que j'ai honte et je regrette atrocement ce que j'ai fait le 29 janvier 2017. (...) Je regrette que ma vie ait été la cause de tant de souffrance et de peine pour tant de personnes, a dit M. Bissonnette. J'aimerais peut-être avoir une lueur d'espoir au bout du long tunnel noir dans lequel je me suis perdu le 29 janvier. »

Plus tôt en matinée, Me Jean-François Paré du ministère de la Justice a plaidé que l'article 745.51 du Code criminel est constitutionnel, contrairement aux représentations faites mercredi par les avocats de la défense, qui souhaitent l'invalider. Cet article, sanctionné en 2011 dans la Loi protégeant les Canadiens en mettant fin aux peines à rabais en cas de meurtres multiples, permet aux juges d'imposer des peines consécutives aux meurtriers de masse. 

Si le juge Huot juge l'article 745.51 constitutionnel et s'il retient les représentations de la Couronne, qui souhaite qu'Alexandre Bissonnette purge consécutivement ses peines de prison à perpétuité pour les meurtres de six personnes en janvier 2017, il se pourrait que l'auteur de l'attentat à la mosquée de Québec ne puisse pas demander une libération conditionnelle avant 150 ans.




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