Exaspérés par l’attitude « tout simplement contre-productive » de la mairesse Sue Montgomery, des élus municipaux de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce s’apprêtent à déposer de nouvelles plaintes contre elle devant la Commission municipale du Québec (CMQ).

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« On est constamment ralentis par les actions de cette mairesse d’arrondissement. Elle rend carrément notre travail impossible au quotidien », lâche le conseiller du district de Loyola, Christian Arsenault.

C’est lui qui mènera les procédures devant les instances de la Commission, afin d’y déposer une ou plusieurs plaintes « en début de semaine prochaine ». « Il y a déjà des dizaines de chefs d’accusation contre elle, mais c’est notre seule solution, parce [que comme la mairesse d’arrondissement est] élue, la Ville de Montréal ne peut pas réellement sanctionner Mme Montgomery », observe M. Arsenault.

Jeudi, lors d’une séance extraordinaire du conseil local, les cinq conseillers élus ont voté en bloc contre la proposition de Sue Montgomery de suspendre sans salaire le directeur de l’arrondissement, Stéphane Plante. La mairesse l’accuse de n’avoir « pas respecté la volonté du conseil » de prolonger la piste cyclable de la rue de Terrebonne, et d’avoir « menti » à propos d’une approbation du Centre de coordination des mesures d’urgence (CCMU).

Mais tous les élus du conseil ont rejeté cette version des faits, rappelant, courriels à l’appui, que M. Plante n’avait pas failli à sa tâche. Il s’agissait de la quatrième tentative de suspension imposée au fonctionnaire par la mairesse. Les deux s’affrontent depuis des mois sur la scène municipale, dans une saga qui a notamment mené Projet Montréal à expulser Sue Montgomery de son caucus, en janvier dernier.

« Pour moi, c’est vraiment une vendetta personnelle. Elle veut tout faire pour inciter le directeur d’arrondissement à partir. Ça n’aide en rien à créer un climat de travail et une ambiance agréable, mais surtout, ça ralentit les services aux citoyens », plaide le conseiller de Darlington, Lionel Perez.

Un arrondissement « paralysé »

Appelé à réagir, le cabinet de la mairesse de Montréal se range lui aussi derrière les élus de CDN-NDG. « Cet acharnement continue de paralyser l’arrondissement et les services rendus aux citoyens », écrit l’attachée de presse, Catherine Cadotte, dans un échange de courriels. Elle ajoute que les élus sont préoccupés par « cette tentative d’induire en erreur le conseil, les employés et le public avec des fausses informations », dans le seul objectif d’imposer une sanction qui était déjà en soi « abusive ».

Sue Montgomery, elle, n’a pas souhaité s’entretenir avec La Presse dans le cadre de ce reportage. « Elle réagira lorsque la plainte sera acceptée par la CMQ », souligne son cabinet, en référant à la déclaration de la principale intéressée, datant de jeudi.

« Le directeur de l’arrondissement nous a menti. […] En démocratie, ce sont la mairesse et les conseillers qui décident. Car nous sommes redevables à la population. Moi, je me tiens debout pour CDN-NDG et je vous invite à me joindre », y disait notamment Mme Montgomery, avant d’être rabrouée par ses collègues.

Le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, n’exclut pas non plus de déposer une plainte en éthique pour mettre en lumière la manière « douteuse » dont a été géré le dossier de la piste cyclable, sur la rue de Terrebonne, qui sème la controverse dans le secteur. « Je suis choqué que Mme Montgomery ait publié un sondage pour cette piste sur sa propre page Facebook, avant même de le rendre public », affirme-t-il.