Le festival Fierté Montréal bat son plein. En fait, c’est une façon de parler. Comme tous les grands évènements qui ont lieu normalement l’été, cette grande fête annuelle de la communauté LGBTQ+ se déroule et se vit « en ligne ».

Mario Girard
Mario Girard La Presse

Mais cela n’est pas une raison de passer outre aux embûches, humiliations et inepties qui continuent d’entourer les gais, les lesbiennes et les trans dans de nombreux recoins de la planète.

Survol de quelques désolations récentes.

Vent d’homophobie en Pologne

L’inquiétant mouvement homophobe qui a envahi la Pologne continue de s’étendre. Un nombre grandissant d’autorités municipales déclarent leur ville « zone sans idéologie LGBT ». Précisons qu’il s’agit, pour le moment, de déclarations de principe.

PHOTO ADAM STEPIEN, AGENCJA GAZETA PAR REUTERS

La semaine dernière, plusieurs affrontements entre policiers et manifestants pour la cause LGBT ont eu lieu dans les rues de différentes villes en Pologne, dont la capitale, Varsovie.

Ces municipalités s’engagent, notamment, à ne soutenir aucune mesure associée aux droits de la communauté LGBT. Ce phénomène inquiète sérieusement l’Union européenne, qui n’a pas hésité à annuler des processus de jumelage de ces « zones » avec d’autres villes européennes.

La position réfractaire du président, Andrzej Duda (récemment réélu), à l’égard de la communauté LGBT+ alimente bien évidemment ce mouvement. Selon ce catholique ultraconservateur, « l’idéologie LGBT » est plus « destructrice que le communisme ».

Des tests anaux en Tunisie

Deux hommes ont récemment été arrêtés dans une ville du nord-ouest de la Tunisie pour avoir eu des rapports homosexuels. Ils devront passer un an en prison. Leur refus de subir un test anal a amené la justice à conclure qu’ils étaient « coupables ».

Le 5 août dernier, Human Rights Watch a demandé aux autorités tunisiennes de cesser ces examens qui, selon l’organisme, sont une pratique « dégradante et inhumaine ». De son côté, l’ONU a sommé les médecins légistes, qui sont sous la tutelle du ministère de la Santé, de mettre un terme à ce procédé qui n’a aucune valeur scientifique et est qualifié de « torture ».

Chaque année, des personnes sont arrêtées et jugées en Tunisie pour leur orientation sexuelle. Le Collectif civil pour les libertés individuelles a dénombré 120 procès pour homosexualité en 2019.

Le VIH et les superhéros

L’organisme français Sidaction a publié en juin dernier un sondage qui souligne une diminution de la prévention du VIH-sida auprès des jeunes. Près du tiers (29 %) des jeunes Français âgés de 15 à 24 ans considèrent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida, alors qu’il n’existe, dans les faits, aucune cure.

Le sondage montre aussi que 31 % des 15 à 24 ans considèrent être moins exposés que les autres à l’infection au VIH. C’est une augmentation de 10 points de pourcentage par rapport à 2009. Les analystes expliquent cette croyance en évoquant le « syndrome de superhéros ».

J. K. Rowling en remet

La créatrice de la série Harry Potter, J. K. Rowling, s’est de nouveau exprimée sur la condition des personnes trans. Elle l’a fait en faisant un curieux amalgame entre la prise d’hormones des personnes trans et les thérapies de conversion.

PHOTO JOEL C RYAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

J. K. Rowling, auteure britannique et créatrice de la série Harry Potter

Après avoir semé la controverse sur les réseaux sociaux en sous-entendant que les femmes trans n’étaient pas véritablement des femmes puisqu’elles n’avaient pas leurs menstruations, l’écrivaine en remet une couche.

« Beaucoup, comme moi, croient que l’on assiste à un nouveau genre de thérapie de conversion pour les jeunes personnes gaies, qui sont envoyées vers un chemin de médicalisation à vie pouvant résulter en la perte de leur fertilité ou de leur fonction sexuelle. »

Peut-on faire taire J. K. Rowling d’un coup de baguette magique ?

Dehors, le père !

Ce témoignage publié en juillet dernier sur le site de discussion Reddit, puis sur Twitter, a enflammé le public. Une mère de famille, dont le pseudonyme est « CountryMamaLynn », a raconté comment son fils de 15 ans a fait son coming out.

Il en a d’abord parlé à son père, qui a eu une réaction très négative et a mis à la porte l’adolescent. C’est en larmes que le fils a téléphoné à sa mère, qui était au travail.

« J’ai reçu un appel de mon bébé paniqué qui m’a tout raconté, et laissez-moi vous dire que j’étais énervée », a-t-elle écrit avant de poursuivre. « Mon futur ex-mari n’est pas celui que je pensais avoir épousé. Je lui ai dit que s’il ne pouvait pas être un homme et soutenir son fils, alors il pouvait faire une croix sur moi et trouver quelqu’un d’autre pour payer ses factures. »

En conclusion, le père a été mis à la porte de la maison et le fils vit aujourd’hui seul avec sa mère.

Tout baigne dans l’huile

Dans son ouvrage Femme essentielle, le guide des huiles essentielles au féminin, l’aromathérapeute Aude Maillard affirme que la « majorité des homosexuels parlent de leur polarité sexuelle comme d’une blessure, du moins le temps de trouver leur ancrage ». Pour les aider à voir plus clair, elle suggère un mélange d’huiles essentielles fait de bois santal, de citron jaune et de basilic.

Selon l’auteure, les personnes LGBTQ+ devraient inhaler ce mélange déposé sur un buvard pour « ressentir [leurs] envies profondes et trouver [leur] équilibre ».

On peut aussi s’enduire de bave de crapaud ou appliquer des mouches de moutarde, si on veut !

— Avec l’Agence France-Presse, BBC, Le Monde, Le Parisien, Le Temps, Le Point, Euronews, Têtu