(Ottawa) Le gouvernement Trudeau accepte la demande du Québec qui tient mordicus à avoir voix au chapitre dans les démarches que le Canada mène à l’étranger afin d’attirer à Montréal le secrétariat du Groupe international d’experts en intelligence artificielle (G2IA).

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Cette décision, qui illustre la collaboration qui existe entre les deux gouvernements quand il s’agit de dossiers économiques, devrait être rendue publique au cours des prochains jours, avant le déclenchement des élections fédérales, a appris La Presse.

Ottawa et Québec ont donc l’intention de former « un front commun » pour l’obtention de cette nouvelle organisation internationale en déployant des efforts financiers et diplomatiques « conjoints ». En contrepartie, le Québec obtiendra le droit de participer au G2IA en s’appuyant sur le modèle retenu pour l’UNESCO, soit un droit de parole au sein de la délégation du Canada.

L’objectif de ces efforts communs est de consolider la place de choix qu’occupe la ville de Montréal dans le secteur de l’intelligence artificielle, a-t-on indiqué. D’autant que le mandat du secrétariat doit permettre « de soutenir et de guider une adoption responsable de l’IA centrée sur l’humain et axée sur le respect des droits de la personne, l’inclusion, la diversité, l’innovation et la croissance économique ». La création de ce secrétariat a été appuyée par le premier ministre Justin Trudeau et le président français Emmanuel Macron l’an dernier.

Au printemps, la ministre des Relations internationales et de la Francophonie du gouvernement Legault, Nadine Girault, a fait parvenir une lettre au ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, dans laquelle elle insistait pour que le Québec obtienne le même statut au G2IA que celui dont il jouit à l’UNESCO depuis une dizaine d’années. Elle tenait aussi à ce que ce statut fasse l’objet d’une entente en bonne et due forme entre les deux gouvernements.

Elle faisait alors valoir que ces conditions étaient « essentielles » pour que le Québec, qui avait déjà annoncé des démarches pour attirer le secrétariat du G2IA, accepte de travailler de concert avec Ottawa pour l’obtenir.

« Un rôle diplomatique de premier plan »

Le ministre Bains a répondu favorablement à ces exigences. Dans une lettre qu’il a envoyée à Mme Girault il y a quelques semaines, le ministre Bains a indiqué que le modèle de l’UNESCO pouvait tout à fait être retenu pour assurer la participation du Québec au G2IA. La Presse a obtenu une copie de cette missive.

« Le soutien de nos gouvernements au secteur de l’intelligence artificielle porte ses fruits à Montréal. Cette ville est clairement devenue l’un des meilleurs lieux pouvant accueillir le secrétariat du G2IA. Il faut maintenant élargir la belle collaboration que nous avons eue en recherche et en développement industriel au secteur des institutions internationales », affirme le ministre dans sa lettre.

Dans le cadre de ces démarches pour obtenir le secrétariat, le ministre Bains souhaite même que le Québec puisse jouer « un rôle diplomatique de premier plan le plus rapidement possible ».

M. Bains avance même que le Canada et le Québec pourraient présenter une proposition commune aux partenaires du G7, qui formeront d’ailleurs la base des membres du G2IA. « Je suis certain qu’en unissant nos forces et en élaborant une position cohérente, nous saisirons plus facilement les opportunités qui s’offrent à nous sur la scène internationale », souligne-t-il.