Jason Collins: «Je joue dans la NBA et je suis gai»

La sortie de Jason Collins (à gauche) -... (Photo Jim Young, Reuters)

Agrandir

La sortie de Jason Collins (à gauche) - un vétéran de 12 saisons dans la NBA - a été reçue de manière positive.

Photo Jim Young, Reuters

Partager

L'agent Arn Tellem avait conseillé à son client d'attendre. Après tout, Jason Collins a été libéré à la fin de la dernière saison par les Wizards de Washington. À 34 ans, il se retrouvait sans contrat et sans équipe.

Et voilà que Collins lui apprenait qu'il s'apprêtait à sortir du placard. «Jason, pourrais-tu attendre d'avoir un nouveau contrat?» a imploré Tellem.

Mais Jason Collins avait pris une décision. Il est ainsi devenu lundi le premier joueur actif dans l'histoire de la NBA à dévoiler son homosexualité. Collins est aussi le premier joueur actif à le faire dans une ligue d'un sport majeur nord-américain, même s'il reste à voir s'il sera encore «actif» la saison prochaine.

«Je suis un pivot de 34 ans qui joue dans la NBA. Je suis Noir. Et je suis gai.» C'est par ces mots que Collins a décidé de briser un tabou qui, encore en 2013, perdure dans le sport de haut niveau.

Les confidences de Collins sont apparues sous la forme d'un article de 3000 mots sur le site de Sports Illustrated lundi. Le réputé hebdomadaire semble donc avoir remporté la course que se livrent les médias américains depuis des semaines pour dévoiler, en premier, l'identité d'un athlète homosexuel. La rumeur voulait qu'un joueur de football de la NFL s'apprête à faire le saut. La sortie du placard est finalement venue du côté de la NBA.

«Je ne voulais pas nécessairement devenir le premier athlète ouvertement gai dans un sport d'équipe majeur aux États-Unis. J'aimerais ne pas être cet enfant dans une classe qui lève la main et dit: "je suis différent". Idéalement, un autre l'aurait déjà fait. Mais personne ne l'a fait, et c'est pourquoi je lève la main.»

De nombreux appuis

La sortie de Jason Collins - un vétéran de 12 saisons dans la NBA - a été reçue de manière positive. La réponse de la Ligue n'a pas tardé à venir par la bouche de son commissaire. «Jason est un coéquipier hautement respecté et nous sommes fiers qu'il ait choisi d'assumer le leadership sur cet enjeu primordial», a dit David Stern.

Des mots d'encouragement sont aussi venus de l'ancien président Bill Clinton, de la superstar Kobe Bryant et de Michelle Obama. Mais ceux de John Amaechi sont peut-être les plus touchants, venant de celui qui est devenu en 2007 le premier ancien joueur de la NBA ouvertement homosexuel. «Je pense qu'il est incroyablement brave. Je pense que c'est horrible qu'il faille encore être aussi brave de nos jours pour faire ce qu'il a fait, mais il l'est», a déclaré Amaechi.

Qui sera le prochain?

Il sera maintenant intéressant de voir si Collins deviendra le premier joueur ouvertement gai à jouer dans la NBA. Le pivot a été très peu utilisé la saison passée et celle-ci pourrait très bien être sa dernière dans la NBA. Une telle avenue relancerait la course pour trouver un joueur actif affichant son homosexualité.

Le Canadien Mark Tewksbury applaudit le courage de Collins, même s'il est surpris qu'il ait fallu attendre un tel aveu si longtemps. «Je suis sorti du placard en 1998 et je pensais que d'ici 5 ans ce jour viendrait, a raconté Tewksbury lundi dans un entretien téléphonique. Ç'a pris un peu plus de temps que je l'espérais, mais c'est un grand jour.»

Le chef de mission de l'équipe olympique canadienne est sorti du placard en 1998, après sa carrière de nageur. La décision de Jason Collins signale selon lui un pas dans la bonne direction, même s'il estime que le jour est loin où les athlètes gais seront acceptés dans le sport d'élite.

«C'est un peu comme l'histoire de Jackie Robinson. Il y a eu de la résistance contre la présence des Noirs au baseball même après que Robinson a commencé à jouer, illustre-t-il. Ça prend du temps. Mais c'est un grand pas dans cette direction.»

L'entraîneur des Celtics de Boston, qui a dirigé Collins au début de la saison dernière, a aussi dressé un parallèle entre l'homophobie et le racisme dans le sport. «Si on a appris quoi que ce soit de l'histoire de Jackie Robinson, a commenté Doc Rivers, lui-même Noir, c'est que les coéquipiers sont toujours les premiers à vous accepter. C'est la société qui a besoin d'apprendre la tolérance.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer