Cancer: découverte d'une molécule qui s'attaque aux mélanomes

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Agence France-Presse
Paris

Des chercheurs français sont parvenus à développer une molécule capable de réduire la viabilité des cellules de mélanome sans que celle-ci ne soit toxique pour les cellules saines, un espoir pour les malades atteints de ce cancer agressif de la peau.

Baptisée HA15, cette molécule a été mise au point par une équipe de l'Institut français pour la santé et la recherche médicale (Inserm) dirigée par Stéphane Rocchi. Les résultats de leurs travaux sont publiés jeudi dans la revue américaine Cancer Cell.

Le mélanome est une forme fortement agressive de cancer de la peau. « Il touche les mélanocytes, les cellules responsables de la synthèse de mélanine qui donne sa coloration à la peau », rappelle l'INSERM dans un communiqué.

Il existe trois stades de progression de la tumeur : la « croissance radiale » lorsque les cellules prolifèrent de façon anarchique dans l'épiderme; la phase de « croissance verticale » qui implique une invasion du derme et finalement, la phase « métastatique » correspondant à une dissémination des cellules cancéreuses dans les tissus périphériques.

« L'identification de nouvelles molécules est un élément incontournable pour la mise en place de biothérapies efficaces contre ce cancer dont l'incidence double tous les dix ans », souligne l'INSERM.

Dans ce contexte, ces chercheurs niçois ont découvert une nouvelle famille de molécules, « les Thiazole Benzensulfonamides (TZB) » présentant des propriétés anticancéreuses jugées « intéressantes ».

« Initialement, cette famille de molécules avait été identifiée dans le diabète de type 2, car elle augmentait la sensibilité des cellules à l'insuline. Si nous voulions l'utiliser contre le cancer, il fallait pouvoir éliminer cette activité pro-insuline », a expliqué Stéphane Rocchi.

Les chercheurs ont alors, « après de nombreux essais », modifié la structure initiale de TZD pour obtenir une formulation dont le « composé leader » a été appelé HA15.

HA15 conduit à la mort des cellules de mélanome par « apoptose » (processus d'autodestruction en réponse à un signal) et « autophagie » (les cellules s'autodétruisant en s'enfermant dans des vésicules à double membrane avant d'être livrées aux lysosomes, organismes ordinairement chargés de digérer et détruire déchets et bactéries).

Les chercheurs ont constaté chez la souris que cette molécule était très efficace pour diminuer le volume tumoral sans toxicité apparente pour le rongeur.

« Chez l'homme, en collaboration avec le service de dermatologie du CHU de Nice (sud de la France), les chercheurs ont montré que les molécules étaient actives sur des cellules de mélanomes prélevées sur des biopsies de patients sensibles ou résistantes aux thérapies ciblées », a détaillé L'INSERM.

Enfin, HA15 est aussi efficace sur des cellules provenant d'autres tumeurs comme le cancer du sein, du côlon, de la prostate, du pancréas ou bien encore des gliomes ou des leucémies myéloïdes chroniques.

« Le but ultime de ce projet est d'utiliser ces nouvelles molécules dans le traitement du mélanome et plus généralement, dans d'autres types de cancers », a conclu Stéphane Rocchi qui souhaite démarrer prochainement un essai clinique de phase 1.

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