Fibrose kystique: percée montréalaise

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Des chercheurs de l'Université McGill ont identifié le mode d'action d'une bactérie qui rend très malades 15% des Canadiens atteints de fibrose kystique. Elle pourrait aussi être responsable de l'aggravation de la morbidité d'autres maladies pulmonaires, comme l'emphysème.

«On devrait pouvoir faire un suivi plus serré des patients qui sont porteurs de cette bactérie», explique Dao Nguyen, pneumologue à McGill et auteure principale de l'étude publiée hier dans la revue Science Advances. «Ça va aussi nous aider pour les pronostics. À terme, il pourrait y avoir des traitements nouveaux. Il se peut aussi que la bactérie pose problème pour d'autres maladies pulmonaires.»

La bactérie en question s'appelle Pseudomonas aeruginosa. Elle est présente chez 40 à 50% des patients au Québec. Dans le tiers des cas, cette bactérie porte une mutation génétique appelée lasR, qui entraîne une inflammation importante, au point qu'il faut réaliser une greffe pulmonaire. L'équipe de la Dre Nguyen est la première à établir le lien entre cette mutation génétique et l'inflammation anormalement élevée.

Prochaines étapes

«Nous allons maintenant creuser un peu plus auprès des patients humains pour voir si la corrélation se maintient au sein de populations de taille supérieure, dit la Dre Nguyen. Nous pourrons aussi avoir des informations cliniques suffisantes sur l'aggravation de l'état des patients et l'échelle de temps de cette aggravation. Dans un deuxième temps, nous allons étudier d'autres variantes génétiques de la bactérie.» L'étude publiée hier portait sur 17 patients.

La mutation génétique lasR est mystérieuse. En plus de la poussée inflammatoire, elle s'accompagne d'une diminution de la communication entre bactéries liée à une sécrétion moindre d'une enzyme. «La bactérie triche, dit la Dre Nguyen. Elle bénéficie du comportement de groupe de la colonie bactérienne sans faire le travail, sans sécréter une enzyme, la protéase. Il y a peut-être un lien direct ou indirect entre l'inflammation et la communication entre bactéries, que nous allons chercher à découvrir plus tard.»

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