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Un burger créé in vitro en première mondiale à Londres

Une équipe a mis six semaines pour confectionner... (PHOTO Toby Melville, REUTERS)

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Une équipe a mis six semaines pour confectionner un burger à partir de 20 000 minuscules tranches de viande cultivées en laboratoire. Sur la photo, on le voit prendre des couleurs dans une poêle.

PHOTO Toby Melville, REUTERS

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Jacques KLOPP
Agence France-Presse
Londres

Il pesait 142 grammes et a coûté 250 000 euros: le premier burger créé in vitro à partir de cellules souches de vache a été cuisiné et dégusté lundi à Londres lors d'un grand barnum célébrant une expérience potentiellement révolutionnaire.

Deux goûteurs dûment assermentés, une Autrichienne «chercheuse en tendances culinaires» et l'auteur américain d'un livre sur «les goûts de demain», ont eu l'honneur d'être les premiers à manger en public un steak créé de toutes pièces en laboratoire, cuisiné sous leurs yeux et ceux de son créateur, un scientifique néerlandais de l'université de Maastricht, Mark Post.

Verdict en substance: «goût assez intense», «même texture» et un profil général «proche de la viande» malgré un «manque de gras» certain, ont tranché les deux «volontaires» qui n'ont cependant pas fini leur repas, malgré son coût prohibitif (250 000 euros).

Mark Post, qui a lui-même englouti un petit morceau lors de cette présentation en public et diffusée sur internet, a tout de même conclu à un «très bon départ» pour son burger, aussitôt surnommé «Frankenburger» par la presse britannique.

Avec son équipe, il a mis six semaines pour confectionner ce steak à partir de cellules souches de vache cultivées en laboratoire. Ils y ont ajouté de la chapelure, du sel, de la poudre d'oeuf ainsi que du jus de betterave et du safran pour la couleur.

Le chef cuisinier Richard McGowan a déclaré pendant l'émission qu'il préparait le steak «comme d'habitude» avec de l'huile de tournesol et du beurre dans une poêle.

Si pour l'instant le processus de fabrication complexe rend l'entreprise particulièrement longue et onéreuse, la technologie est censée offrir à l'avenir des solutions à même de régler des «problèmes majeurs pour la planète».

Selon ses concepteurs, qui tablent sur une commercialisation dans un délai de dix à vingt ans, la technologie permettra de répondre à une demande croissante, alors que l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) table sur une augmentation de la production de viande de 229 millions de tonnes en 1999/2000 à 465 millions de tonnes en 2050.

Et cela sans les inconvénients de l'élevage industriel qui pollue, demande de grosses quantités d'eau, émet des gaz à effet de serre et mobilise 70% des terres agricoles mondiales.

L'association de défense des droits des animaux Peta a également fait remarquer que la viande in vitro signifierait «la fin des batteries de poulets, des abattoirs et des usines d'élevage».

«Dans vingt ans, on pourra avoir dans nos supermarchés deux produits ayant exactement le même goût et la même apparence. L'un provenant de la vache qui comportera une écotaxe et impliquera que des animaux aient été tués. L'autre venant du labo sans que personne n'ait eu à souffrir et potentiellement moins cher», a résumé Mark Post.

«D'un point de vue écologique et éthique la technologie in vitro ne présente que des avantages», a insisté le chercheur néerlandais, qui a assuré qu'il donnerait à manger «sans hésiter» un tel steak à ses enfants, ne voyant pas comment il pourrait être plus nocif que de la viande normale «puisqu'en fin de compte c'est de la viande normale».

Au contraire, l'absence de gras, séparé de la chair au début du processus, et le choix de la «bonne» cellule au départ offrent la possibilité d'une nourriture plus saine que la «vraie».

Parmi les critiques, Tara Garnett, directrice du département de recherche sur la nourriture à l'Université d'Oxford, a estimé que le problème est ailleurs. «On a 1,4 milliard de personnes sur la planète qui sont obèses ou en surpoids et en même temps 1 milliard qui se couche avec le ventre vide. La solution n'est pas simplement de produire plus, mais de changer notre système d'approvisionnement et le prix de la nourriture», a-t-elle déclaré à la BBC.

Sergey Brin, cofondateur de Google qui a financé le projet de Mark Post, pense en revanche qu'il peut «transformer le monde». «On est en gros devant trois scénarios: on devient tous végétariens, mais je n'y crois pas. On ferme les yeux et on aura des problèmes environnementaux. Ou on essaye quelque chose de nouveau», a-t-il dit lors d'une petite vidéo diffusée juste avant que le chef n'allume la cuisinière.

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