Nétanyahou condamne les propos de sa ministre adjointe sur les juifs américains

Coutumière des déclarations polémiques, Tzipi Hotovely appartient à une... (ARCHIVES AFP)

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Coutumière des déclarations polémiques, Tzipi Hotovely appartient à une nouvelle génération de membres très à droite du Likoud, le parti de Benyamin Nétanyahou.

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Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Le premier ministre israélien Benyamin Néthanyahou a abruptement désavoué sa ministre adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely jeudi après une rare tirade de celle-ci contre les juifs américains, trop habitués au confort selon elle pour comprendre Israël.

Tzipi Hotovely s'est excusée dans la soirée sur la chaîne de télévision publique israélienne. «Je m'excuse du fond du coeur si quelqu'un a été blessé par mes propos», a-t-elle dit.

Elle s'est également expliquée dans une vidéo mise en ligne sur sa page Facebook et adressée à «mes frères aux États-Unis».

Mercredi, Mme Hotovely avait été interrogée par la chaîne d'informations israélienne i24NEWS sur le fossé présenté comme grandissant entre Israël et les juifs américains, en particulier les jeunes.

«Peut-être sont-ils trop jeunes pour se rappeler ce que c'est que d'être juif sans avoir de patrie juive», a déclaré Mme Hotovely, 39 ans, qui n'était pas née lors de la création d'Israël en 1948.

Elle a reproché aux juifs américains de «ne pas comprendre la complexité de la région», les présentant comme «des gens qui n'envoient jamais leurs enfants combattre pour leur pays».

«La plupart des juifs (des États-Unis) n'ont pas d'enfant portant l'uniforme, servant dans les Marines, allant en Afghanistan ou en Irak», a-t-elle dit.

«La plupart d'entre eux ont des vies tout à fait confortables, ils ne savent pas ce que c'est que de recevoir des roquettes», a-t-elle ajouté, en faisant référence aux tirs essuyés par son propre pays.

Coutumière des déclarations polémiques, Mme Hotovely appartient à une nouvelle génération de membres très à droite du Likoud, le parti de M. Nétanyahou. Invoquant volontiers la tradition biblique, elle défend l'idée d'un «grand Israël» couvrant à la fois Israël et les Territoires palestiniens.

M. Nétanyahou «condamne les propos offensants» de Tzipi Hotovely, ont dit ses services.

«Les juifs de la diaspora nous sont chers, ils sont inséparables de notre peuple. Il n'y a pas de place pour de telles attaques, et ses propos ne reflètent pas la position de l'État d'Israël», a dit M. Nétanyahou, qui a vécu une partie de sa vie aux États-Unis.

Le chef du gouvernement s'est à nouveau exprimé sur le sujet dans la soirée: «Les propos de Hotovely me mettent en colère, ils ne reflètent pas ma position et ma vision du monde», a-t-il dit, dans des propos diffusés par la radio publique.

Une attention particulière est accordée en Israël aux relations avec les juifs des États-Unis, où vit la plus importante communauté de la diaspora au monde, forte de millions de membres réputés majoritairement progressistes.

Les relations entre cette communauté influente, dans laquelle prédomine une vision libérale ou réformiste des questions religieuses, et le gouvernement de M. Nétanyahou ont été sévèrement mises à l'épreuve par, notamment, la remise en cause d'un accord qui permettait aux hommes et aux femmes de prier ensemble au mur des Lamentations à Jérusalem.

Le gouvernement de M. Nétanyahou, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, repose en partie sur une alliance avec les partis ultra-orthodoxes, qui ont une interprétation rigoureuse des règles juives.




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