Les États-Unis appellent à faire pression sur l'Iran au sujet du Yémen

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Un nouveau missile a été tiré samedi vers l'Arabie saoudite et Riyad a accusé l'Iran de l'avoir aussi fourni aux rebelles yéménites. Ce missile pourrait être de fabrication irannienne, estime aussi Washington.

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Agence France-Presse
RIYAD

Les États-Unis ont appelé mardi la communauté internationale à réclamer des comptes à l'Iran après que l'Arabie saoudite a accusé son grand rival régional d'«agression militaire directe».

Les accusations saoudiennes ont été lancées à la suite du tir samedi d'un missile en direction de l'aéroport international de Ryad par les rebelles Houthis au Yémen, accusés d'être soutenus militairement par Téhéran qui dément.

Les rebelles ont de leur côté menacé de faire de toutes les infrastructures importantes saoudiennes des cibles potentielles, exacerbant les tensions entre les deux puissances régionales, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite.

Les Houthis ont affirmé que leur menace était une riposte au durcissement du blocus contre le Yémen décidé par une coalition militaire arabe sous commandement saoudien, qui intervient contre eux au Yémen, pays voisin de l'Arabie saoudite. Ce durcissement a été décrété après l'interception du missile balistique.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a accusé «l'Iran d'implication dans la fourniture de missiles aux (Houthis)», ce qui constitue «une agression militaire directe» contre son pays. «Cela pourrait être considéré comme un acte de guerre».

L'Iran, qui a démenti tout lien avec ce tir de missile, a jugé l'accusation «contraire à la réalité».

Mais l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a abondé dans le sens de l'allié saoudien en accusant l'Iran de fournir des missiles aux Houthis en violation des résolutions de l'ONU.

Selon elle, un missile tiré par les rebelles en territoire saoudien en juillet avait été fourni par l'Iran et celui utilisé samedi sur Ryad «était peut-être également d'origine iranienne».

Dans un communiqué, Mme Haley a «encouragé» les Nations unies «à prendre les mesures nécessaires pour tenir le régime iranien responsable de ces violations».

Discussions à l'ONU

Les rebelles yéménites, issus d'une branche du chiisme, affirment mettre au point leurs missiles eux-mêmes, et ont menacé d'en tirer sur les «ports, les aéroports, les postes frontaliers et les installations vitales» en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, un autre membre de la coalition arabe.

«Nous (...) étudierons des options plus importantes et plus radicales pour empêcher le renforcement du blocus contre le peuple yéménite et (les mesures) visant à l'affamer et à l'humilier», ont-ils souligné.

Le conflit au Yémen a fait depuis 2015 plus de 8650 morts dont de nombreux civils et provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

«Toute limitation supplémentaire des importations de nourriture et de carburant pourrait inverser les récents succès enregistrés dans la réduction de la menace de famine au Yémen», a prévenu Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU.

La Russie s'est dite «profondément préoccupée» par le renforcement du blocus.

De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU doit évoquer mercredi la question de l'aide humanitaire au Yémen.

L'interception au-dessus de l'aéroport de Riyad du missile balistique avait souligné les risques pour le trafic civil aérien en Arabie saoudite: des débris étaient tombés dans le périmètre de l'aéroport.

L'organisation Human Rights Watch (HRW), souvent critique à l'égard de l'intervention saoudienne au Yémen, n'en a pas moins considéré ce tir comme un «crime de guerre apparent» des rebelles.

«Complètement fou»

La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini a prévenu que les tensions entre Ryad et Téhéran pouvaient «avoir des répercussions extrêmement dangereuses». «Laissez-moi insuffler un peu de sagesse européenne dans un monde qui semble devenir complètement fou: c'est dangereux», a-t-elle dit.

Ces tensions coïncident avec une purge sans précédent menée samedi en Arabie saoudite contre des princes, ministres, anciens responsables et hommes d'affaires accusés de corruption.

Elles ont poussé les prix du pétrole à leur plus haut niveau en deux ans, et les Bourses du Golfe ont accusé le coup mardi.

La purge, à laquelle le président américain Donald Trump a apporté un soutien appuyé, a été lancée par une commission de lutte contre la corruption dirigée par le prince héritier, âgé de 32 ans.

Elle témoigne d'un profond bouleversement en Arabie saoudite qui rompt avec le consensus généralement respecté au sein de la famille royale pour gérer les affaires du royaume.

Elle vise en même temps à renforcer le pouvoir du prince Mohammed ben Salmane, engagé dans un vaste programme de réformes économiques et qui semble poursuivre sa marche vers le trône, actuellement occupé par son père Salmane, bientôt 82 ans.




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