Un rarissime attentat suicide à Gaza tue un garde du Hamas

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Un homme s'est fait explosé à un point de contrôle situé dans le sud de la bande de Gaza.

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Adel ZAANOUN
Agence France-Presse
Gaza

Un rarissime attentat suicide a tué un garde du Hamas jeudi dans la bande de Gaza, faisant redouter au mouvement islamiste au pouvoir dans ce territoire palestinien l'émergence d'une nouvelle forme de violence djihadiste.

Vers une heure du matin, deux hommes se sont approchés d'une des nombreuses positions de sécurité établies par le Hamas près de la frontière avec l'Égypte, dans le sud de l'enclave, ont indiqué des sources de sécurité.

Quand les gardes ont arrêté les deux inconnus, «l'un d'eux s'est fait exploser, se tuant lui-même et blessant l'autre», a rapporté le ministère de l'Intérieur de Gaza dans un communiqué.

Un officier du Hamas, Nidal Jomaa El-Jaafari, 28 ans, a ensuite succombé à ses blessures, a-t-on appris de source médicale. Les quatre autres gardes ont été blessés, dont un grièvement.

Les faits se sont produits à quelques centaines de mètres du seul point de passage entre la bande de Gaza et l'Égypte, fermé quasiment en permanence, mais rouvert exceptionnellement depuis lundi pour permettre aux musulmans gazaouis de se rendre au pèlerinage de La Mecque qui débute à la fin du mois.

Iyad al-Bozoum, un porte-parole du ministère de l'Intérieur, a évoqué un «attentat suicide». C'est le premier du genre contre les forces du Hamas dans la bande de Gaza, selon des sources au sein des forces de sécurité.

Vigoureuse répression

Même si les auteurs et leurs motivations ne sont pas clairement établies, les brigades Ezzedine al-Qassam, bras armé du Hamas, ont désigné dans un court communiqué «la théologie fondamentaliste djihadiste».

Le Hamas, mouvement islamiste issu des Frères musulmans qui exerce un pouvoir sans partage sur la bande de Gaza, est confronté depuis des années au défi représenté par la mouvance salafiste, et en particulier aux djihadistes au sein de cette dernière.

Les chefs salafistes djihadistes affirment drainer des milliers de militants dans la bande de Gaza, un chiffre impossible à vérifier. Le Hamas évoque quelques dizaines d'individus.

Le Hamas a réussi jusqu'alors, au prix de tractations en sous-main et parfois d'une vigoureuse répression, à contenir le danger représenté pour son autorité par cette mouvance djihadiste capitalisant sur le désespoir des Gazaouis.

Au cours des derniers mois, le Hamas a discrètement arrêté des dizaines de personnes, provoquant la colère de groupes qui ont menacé de représailles violentes.

Avec l'attentat de jeudi, le Hamas se demande s'il a affaire à une nouvelle forme d'action de leur part, ont dit à l'AFP des sources de sécurité.

La présence djihadiste est l'une des composantes de l'explosif cocktail gazaoui, avec le blocus imposé depuis dix ans par Israël, la fermeture quasiment constante de la seule autre frontière --avec l'Égypte--, la misère et les divisions intestines palestiniennes.

Rafah ouvert

Pour le Hamas, contrecarrer le péril djihadiste est capital alors que, face aux pressions israéliennes et, plus récemment, aux vicissitudes diplomatiques de son grand allié qatari, il cherche activement à restaurer ses relations avec l'Égypte.

L'Égypte fait face à une insurrection djihadiste dans la péninsule du Sinaï, au sud de la bande de Gaza. Le Hamas est régulièrement accusé de laisser transiter des djihadistes et des armes entre Gaza et le Sinaï.

La frontière égyptienne a longtemps été vitale pour la bande de Gaza afin de contourner le blocus israélien. Mais les relations entre le Hamas et Le Caire se sont tendues après le renversement en 2013 de l'ancien président égyptien Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans.

Depuis, l'Égypte maintient fermée quasiment en permanence la frontière avec Gaza. Elle a aussi fermé et détruit des centaines de tunnels de contrebande.

Le Hamas a mis en place des dizaines de nouveaux postes le long de la frontière, dans l'intention d'améliorer ses rapports avec Le Caire. Il a annoncé en juin la construction d'une nouvelle zone tampon équipée de caméras de surveillance.

L'Égypte a rouvert lundi pour quelques jours le point de passage de Rafah. On ignore si cette réouverture a joué un rôle dans l'attentat. Rafah restera cependant ouvert jeudi, a indiqué le ministère de l'Intérieur.




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