Les autorités israéliennes sous pression à Jérusalem

Des policiers israéliens ont arrêté un jeune Palestinien... (PHOTO ARIEL SCHALIT, ASSOCIATED PRESS)

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Des policiers israéliens ont arrêté un jeune Palestinien à proximité de l'esplanade des Mosquées, le 23 juillet à Jérusalem.

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Mike SMITH
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Les autorités israéliennes sont sous pression après la mort de huit personnes dans une flambée de violences engendrée par les nouvelles mesures de sécurité sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, qui ont déclenché la colère des Palestiniens.

Des responsables israéliens se disent désormais ouverts à une modification du dispositif mis en place aux entrées du troisième lieu saint de l'islam, dans la vieille ville, qui est à l'origine des violences.

Cinq Palestiniens, tués dans des affrontements avec les forces de sécurité israéliennes à Jérusalem-Est annexé et en Cisjordanie occupée, et trois Israéliens, assassinés à leur domicile dans une colonie de Cisjordanie, ont perdu la vie depuis vendredi.

Les tensions ont commencé après l'installation il y a une semaine par Israël de détecteurs de métaux aux entrées de l'esplanade des Mosquées, à la suite d'une attaque contre des policiers israéliens le 14 juillet.

Selon Israël, les armes qui ont servi à tuer deux policiers avaient été cachées dans le complexe, situé à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville sainte dont l'annexion par Israël n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Les nouvelles mesures ont immédiatement provoqué la fureur des Palestiniens, qui craignent qu'Israël ne cherche à remettre en cause le statu quo en vigueur depuis plusieurs décennies sur ce site sensible ultra-sensible.

Les entrées de l'esplanade sont contrôlées par Israël, qui l'appelle mont du Temple, mais elle est gérée par la Jordanie. Les musulmans peuvent y aller à toute heure. Les juifs ne peuvent y pénétrer qu'à certaines heures et n'ont pas le droit d'y prier.

Les autorités israéliennes ont plusieurs fois assuré qu'elles n'avaient pas l'intention de modifier ces règles tacites.

« Aventurisme »

Depuis l'installation des portiques de sécurité, les Palestiniens ont boycotté le site, priant en dehors, et les violences entre manifestants et forces israéliennes ont été quotidiennes.

Elles ont culminé vendredi, après la grande prière hebdomadaire des musulmans, quand trois Palestiniens et trois Israéliens ont été tués. Deux autres Palestiniens sont morts samedi dans des heurts.

À la suite de ces tensions, le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé dès vendredi le gel des contacts avec Israël.

Dans des déclarations dimanche à Ramallah (Cisjordanie), siège de l'Autorité palestinienne, il a évoqué en particulier la suspension de la coopération sécuritaire avec Israël.

« Ils [les Israéliens] seront les grands perdants, car nous jouons un rôle important pour assurer notre sécurité et la leur. Si Israël souhaite la reprise de la coordination sécuritaire, il doit revenir sur ses décisions », a prévenu le président palestinien.

Du côté israélien, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a affirmé dimanche, avant une réunion du « cabinet de sécurité » prévue dans la soirée, que « les responsables de la sécurité [...] avaient recommandé des mesures. Nous déciderons en conséquence », a-t-il ajouté.

Au Caire, le secrétaire général de la Ligue arabe a accusé Israël de « jouer avec le feu » et dénoncé « l'aventurisme » de son gouvernement qui veut provoquer une « grave crise avec le monde arabe et musulman ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proclamé dimanche que « personne ne pouvait attendre du monde musulman qu'il ne réagisse pas face aux restrictions imposées au Noble sanctuaire (l'esplanade des Mosquées), et aux offenses faites à l'honneur des musulmans »,

Le pape François est aussi intervenu à Rome. « Je suis avec une vive inquiétude les graves tensions », a-t-il affirmé en appelant à la « modération et au dialogue ».

« Retenue maximale »

Le Quartette pour le Moyen-Orient (UE, ONU, États-Unis, Russie) a appelé à « une retenue maximale » alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit examiner lundi la question des violences autour de Jérusalem.

Dimanche, le service israélien de sécurité intérieur a annoncé avoir arrêté 25 membres du groupe islamiste palestinien Hamas à titre préventif dans le cadre des « tensions autour du mont du Temple ».

Selon l'armée, une roquette tirée de Gaza, territoire palestinien où le Hamas est au pouvoir, a touché une zone non habitée en Israël sans faire de blessé.

M. Nétanyahou a demandé dimanche que la démolition de la maison, en Cisjordanie occupée, du Palestinien qui a tué à coups de couteau vendredi trois colons intervienne « le plus tôt possible ».

L'esplanade des Mosquées est au coeur du conflit israélo-palestinien depuis cinq décennies et le début de l'occupation israélienne de Jérusalem-Est.

En septembre 2000, la visite du leader de l'opposition de l'époque, Ariel Sharon, avait été un facteur déclenchant de la seconde Intifada, soulèvement palestinien contre l'occupation israélienne, qui avait duré plus de quatre ans et fait plus de 4000 morts.

En septembre 2015, des affrontements avaient eu lieu pendant plusieurs jours autour du lieu saint. Une vague de violences, principalement des attaques au couteau contre des Israéliens menées par des Palestiniens isolés, avait débuté juste après.




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