Tillerson obtient au Qatar un accord sur la lutte antiterroriste

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Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a rencontré mardi le ministre des Affaires étrangères du Qatar, le cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani.

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David HARDING
Agence France-Presse
Doha

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a obtenu mardi l'accord du Qatar à un programme de lutte contre «le financement du terrorisme», jugé immédiatement «insuffisant» par les pays arabes voisins qui ont mis Doha à l'index pour son soutien présumé aux groupes extrémistes.

M. Tillerson a entamé lundi à Koweït une tournée dans le Golfe pour aider à trouver une issue à la crise inédite entre le Qatar et ses voisins, dont la puissante Arabie saoudite, à propos du soutien présumé de Doha aux groupes extrémistes et de ses liens avec l'Iran.

Le Qatar rejette les accusations de «soutien au terrorisme» et refuse que lui soit dictée sa politique étrangère, alors que l'Iran chiite est le grand rival régional du royaume saoudien sunnite.

L'accord sur la lutte antiterroriste, signé par le Qatar et les États-Unis, a été annoncé par le chef de la diplomatie qatarie, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, à l'ocacsion d'une visite de M. Tillerson à Doha où il a été reçu par l'émir, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

«Aujourd'hui, le Qatar est le premier pays à signer avec les États-Unis un programme pour la lutte contre le financement du terrorisme», a déclaré cheikh Mohammed.

«Nous invitons les pays qui nous imposent un blocus à s'y joindre» a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse commune avec M. Tillerson qui a regagné le Koweït où il passera la nuit avant de se rendre mercredi en Arabie saoudite.

L'accord précise «les futurs efforts que le Qatar peut faire pour renforcer sa lutte contre le terrorisme et s'attaquer activement aux problèmes du financement du terrorisme», a expliqué dans un communiqué un conseiller du secrétaire d'Etat, RC Hammond. «C'est un pas en avant».

«Insuffisant» 

Mais les quatre pays qui ont rompu avec le Qatar le 5 juin et qui lui ont imposé des sanctions économiques, ont jugé cet accord «insuffisant».

L'Arabie saoudite, le Bahrein, l'Egypte et les Emirats arabes unis considèrent que les engagements des autorités qataries «ne sont pas fiables», affirmant que de précédents engagements n'ont pas été tenus. Ils appellent donc à «des contrôles stricts pour s'assurer de leur sérieux concernant leur retour sur la bonne voie».

Ils ajoutent qu'ils «surveilleront de près le sérieux des autorités qataries dans leur combat contre toutes formes de financement et de soutien du terrorisme».

Pour revenir sur leurs sanctions, les quatre pays ont exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la chaîne de télévision Al-Jazeera et d'une base turque, ainsi qu'une révision des liens avec l'Iran.

Doha a rejeté en bloc ces demandes, estimant qu'elles violaient sa souveraineté.

Réunion quadripartite à Jeddah 

M. Tillerson a précisé que l'accord reposait sur la décision d'«éradiquer le terrorisme de la Terre», prise par le sommet ayant réuni fin mai à Riyad une cinquantaine de dirigeants musulmans autour du président américain Donald Trump.

Cet engagement «va commencer immédiatement sur plusieurs fronts», a ajouté le secrétaire d'Etat.

Mercredi à Jeddah, dans l'Ouest saoudien, M. Tillerson doit rencontrer ses homologues d'Arabie saoudite, des Emirats, de Bahreïn et d'Égypte.

«Cette réunion reflète la volonté des quatre pays de renforcer la coordination et de montrer leur unité quant aux relations futures avec le Qatar», a déclaré le ministère égyptien des Affaires étrangères en annonçant la rencontre quadripartite.

Concessions 

Avant la visite du secrétaire d'État à Doha, RC Hammond avait estimé au Koweït, pays qui fait également une médiation dans la crise, qu'un règlement pourrait prendre des mois.

Selon lui, l'enveloppe des treize demandes faites au Qatar n'était pas viable, mais prises une à une, certaines des conditions peuvent être remplies.

Il a ajouté que des concessions devraient être faites par les deux camps et qu'en matière de soutien aux groupes extrémistes, «il n'y a pas de mains propres», allusion au possible financement par des adversaires du Qatar de tels groupes.

À l'issue des premiers entretiens lundi de M. Tillerson à Koweït, les États-Unis, le Koweït et la Grande-Bretagne, associée à la médiation, ont diffusé un communiqué pour exhorter les protagonistes «à régler au plus vite la crise à travers le dialogue».

Pour la délégation de M. Tillerson, l'objectif primordial est de faire tarir les sources de financement des groupes extrémistes pour consolider les gains obtenus contre le groupe djihadiste État islamique (EI) en Irak et en Syrie et empêcher les attaques «terroristes» en Europe et ailleurs.

La base d'Al-Udeid mise à la disposition des États-Unis par le Qatar est une pièce maîtresse de la guerre livrée par Washington à l'EI.




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