À Kaboul, McCain compte sur le Pakistan pour contrer les extrémistes

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«Nous avons clairement indiqué que nous comptions sur sa coopération, en particulier contre le réseau Haqqani et contre les organisations terroristes» a indiqué John McCain, président de la Commission des forces armées du Sénat américain.

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Agence France-Presse
Kaboul

Le sénateur américain John McCain, en visite à Kaboul, a prévenu mardi le Pakistan voisin que les États-Unis comptaient sur son appui pour éliminer la menace extrémiste et notamment le réseau Haqqani, responsable de nombreuses attaques en territoire afghan.

Ce réseau proche des talibans, établi dans les zones frontalières entre les deux pays, est soupçonné de recevoir appui et fonds des services de renseignements pakistanais, l'ISI (Inter-Service Intelligence).

«Nous avons clairement indiqué que nous comptions sur sa coopération, en particulier contre le réseau Haqqani et contre les organisations terroristes» a indiqué John McCain, président de la Commission des forces armées du Sénat américain, dont c'était la quatorzième visite sur place.

«S'il ne change pas de comportement, alors nous devrions revoir notre attitude envers le Pakistan», a-t-il insisté.

Le sénateur McCain, vétéran respecté de la guerre du Vietnam et ancien prisonnier de guerre, a célébré le 4 juillet, Jour de l'Indépendance américaine, au quartier général des forces américaines et de l'OTAN à Kaboul au moment où les Occidentaux s'apprêtent à renforcer leur présence en Afghanistan.

À la tête d'une délégation bi-partisane du Sénat, il s'était rendu la veille à Islamabad pour rencontrer le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, sur fond de tensions entre les deux alliés.

Le Pakistan est accusé, à Washington et à Kaboul, de ne pas sévir suffisamment contre les groupes extrémistes armés, y compris les talibans afghans, pour les pousser à renoncer à la violence.

Celle-ci au contraire redouble et les talibans ont depuis le début de leur offensive de printemps, fin avril, multiplié les attaques contre les forces afghanes et étrangères.

Les civils ne sont pas épargnés. Au moins 150 personnes ont été tuées et 400 blessées le 31 mai dans un attentat au camion piégé au coeur de Kaboul. L'opération n'a pas été revendiquée, mais les regards se sont tournés vers le réseau Haqqani et sa puissance de feu.

Face à ce regain de violence, les forces locales sont à la peine et les États-Unis, présents depuis 2001, envisagent de renforcer leurs 8400 troupes actuellement déployées par l'envoi de 4000 à 5000 hommes supplémentaires.

«Bien sûr nous avons besoin de plus de troupes, mais le renforcement seul de la présence militaire ne suffira pas» a prévenu M. McCain qui a réclamé «une nouvelle stratégie, une stratégie pour gagner».

«La nation la plus puissante sur cette Terre doit pouvoir gagner cette guerre», a-t-il jugé. Pour lui, «les talibans et le réseau Haqqani ne viendront certainement pas négocier tant qu'ils ne pensent pas qu'ils vont perdre. Il faut donc d'abord l'emporter sur le champ de bataille».

Pour le sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsey Graham, les deux vont de pair: il a appelé le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson «à venir ici et à venir vite», estimant que les efforts diplomatiques n'étaient pas suffisants pour accompagner la présence militaire.

L'OTAN, dont l'opération Resolute Support compte près de 13 000 hommes (Américains compris) a également promis la semaine dernière d'augmenter sa présence en Afghanistan pour soutenir les forces afghanes face aux talibans, a indiqué son secrétaire général Jens Stoltenberg lors du sommet de l'Organisation.

Des sources diplomatiques ont estimé qu'il faudrait près de 3000 soldats de plus pour permettre à l'OTAN d'assurer pleinement assurer sa mission d'encadrement des forces afghanes.

Le ministre afghan de la Défense, le général Tariq Shash Bahrami, a prédit mardi «une année difficile», indiquant que des opérations armées étaient conduites dans «au moins 21 provinces (sur 34), et des combats intenses dans sept d'entre elles».

Espérant l'arrivée prochaine de renforts occidentaux, il a estimé que «la guerre en Afghanistan est une guerre régionale, qui nécessite un engagement à long terme».




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