Prochaine évacuation de quatre villes assiégées en Syrie

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Plusieurs acteurs locaux, régionaux et internationaux ainsi que des groupes jihadistes sont impliqués dans le conflit en Syrie, un territoire de plus en plus morcelé.

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Maya Gebeily, Delil Souleiman
Agence France-Presse
Beyrouth

Des milliers de personnes doivent être évacuées dans les prochains jours de quatre localités assiégées en Syrie en vertu d'un accord entre régime et rebelles, dernier en date d'une série d'ententes ponctuelles visant à mettre fin aux souffrances des habitants.

Sur le front nord du pays en guerre, des combattants arabes et kurdes appuyés par les États-Unis, poursuivent leur offensive vers Raqa, bastion du groupe jihadiste État islamique (EI). La campagne se concentre sur le secteur de Tabqa, l'un des principaux verrous sur le chemin de Raqa.

Plusieurs acteurs locaux, régionaux et internationaux ainsi que des groupes jihadistes sont impliqués dans le conflit en Syrie, un territoire de plus en plus morcelé. Plus de 320 000 personnes y ont péri depuis 2011 et des millions ont été jetées à la rue.

Aucune solution n'est en perspective pour ce conflit, malgré plusieurs rounds de négociations indirectes entre régime et opposition sous l'égide de l'ONU, dont l'un est en cours actuellement à Genève.

Mais plusieurs accords ponctuels ont été conclus sur le terrain en vue d'évacuer des bastions rebelles asphyxiés par un long siège.

Mardi soir, un accord similaire a été signé. À partir du 4 avril, des milliers de personnes vont quitter Zabadani et Madaya, localités de la province de Damas assiégées par les combattants prorégime. Dans le même temps, des milliers de personnes quitteront Foua et Kafraya, localités chiites de la province d'Idleb (nord-ouest) encerclées par les rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

32 000 personnes

Avant les évacuations et «comme mesure de confiance, une trêve est entrée en vigueur», a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, ajoutant que la situation était «calme sur le terrain».

L'accord a été parrainé par l'Iran, allié du régime de Bachar al-Assad, et du Qatar, soutien des rebelles, et 32 000 personnes doivent être évacuées au total, selon M. Abdel Rahmane.

Des membres des forces du régime et des civils doivent quitter Foua et Kafraya. Et civils et rebelles doivent en principe sortir des deux autres cités.

L'ONU s'est maintes fois alarmée de la situation humanitaire dans ces quatre localités et avait prévenu en février que 60 000 personnes étaient en grand danger. Les dernières livraisons d'aide humanitaire remontent à novembre.

Le Croissant arabe syrien va prendre part aux évacuations.

Selon Hassan Sharaf, qui coordonne l'accord pour le régime, 16 000 personnes quitteront Foua et Kafraya «en deux vagues. Elles seront transportés via Alep, puis vers Lattaquié et Damas», deux bastions du pouvoir.

L'accord prévoit en outre la libération par le régime de quelque 1500 prisonniers «politiques» détenus depuis le début du conflit en 2011.

Le régime est accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme d'avoir torturé et exécuté des milliers de personnes dans ses prisons et ses centres de renseignement.

Offensive vers Raqa

Sur le front nord, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde appuyée par la coalition internationale sous commandement américain, poursuivent leur offensive en vue de progresser en direction de Raqa.

La campagne se concentre désormais sur le barrage stratégique de Tabqa - le plus grand du pays - contrôlé par l'EI. Située sur l'Euphrate, la structure menace de céder, faisant craindre d'importantes inondations.

Mercredi, des ingénieurs syriens ont effectué en urgence des opérations de maintenance mais ont été la cible d'obus de l'EI alors qu'ils tentaient de drainer l'eau amassée dans le réservoir, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ils ont finalement réussi à mener à bien leur mission avant de quitter les lieux, selon l'OSDH et un responsable des FDS.

Ces forces se sont emparées dimanche de l'aéroport militaire de Tabqa mais ne sont pas parvenues jusqu'à la ville éponyme, à 3 km plus au nord, toujours aux mains de l'EI. La région de Tabqa est située à une cinquantaine de km à l'ouest de Raqa.

Plus à l'ouest, dans la province septentrionale d'Alep, les forces gouvernementales ont pris à l'EI le village de Deir Hafer et sécurisé une partie de l'autoroute reliant Alep à Raqa, selon un média officiel.




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