Le Hamas verrouille Gaza après l'«assassinat» d'un de ses commandants

Le passage de Erez.... (Photo Martin Tremblay, archives La Presse)

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Le passage de Erez.

Photo Martin Tremblay, archives La Presse

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Agence France-Presse
Gaza

Le Hamas a fermé dimanche l'unique point de passage entre la bande de Gaza qu'il dirige et Israël après l'assassinat d'un de ses commandants militaires, que le mouvement islamiste palestinien a imputé à l'État hébreu.

Depuis que Mazen Faqha a été abattu vendredi par balles, le Hamas a accusé Israël, laissant entendre que cet «assassinat» avait été perpétré par «des collaborateurs» en lien, selon le procureur général de Gaza Ismaïl Jaber, avec «le Mossad», les services israéliens de renseignement.

Les balles qui ont tué Mazen Faqha, présenté par la branche armée du Hamas comme un de ses commandants, ont été tirées «à bout portant dans la tête et le haut du corps», selon des médecins, depuis un pistolet «muni d'un silencieux», selon des sources au sein des services de sécurité gazaouis.

Dans le cadre de l'enquête «ouverte en urgence», le ministère de l'Intérieur à Gaza précise avoir fermé le point de passage d'Erez pour une durée indéterminée, probablement pour empêcher toute exfiltration de ces présumés assassins.

Des membres des services de sécurité étaient déployés dimanche le long des frontières de la bande de Gaza, bordée par Israël et l'Égypte, et les sorties en mer étaient également interdites, ont ajouté des responsables gazaouis.

Israël n'a fait aucun commentaire sur la fermeture du point de passage côté gazaoui ni sur le meurtre de Mazen Faqha.

Son épouse, Nahed Assida, a appelé dimanche «les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza à répondre à cet assassinat». «Le prix du sang de mon mari se trouve entre vos mains», a-t-elle encore lancé à Gaza lors d'une conférence sur les femmes.

Samedi, des milliers de partisans du Hamas avaient crié «Vengeance» et «Mort à Israël» lors des funérailles de Mazen Faqha, sur fond de tirs en l'air de combattants du Hamas.

Selon le mouvement islamiste, M. Faqha chapeautait des cellules des brigades Ezzedine al-Qassam, sa branche armée, dans le nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis un demi-siècle par l'armée israélienne et dont étaient originaires de nombreux kamikazes de la deuxième Intifada.

Au début de ce soulèvement qui a duré de 2000 à 2005, M. Faqha, assure le Hamas, a joué «un rôle clé dans la préparation et la mise en oeuvre» de deux attaques majeures contre Israël.

Il cite un attentat suicide ayant fait 19 morts le 18 juin 2002 dans un bus dans le quartier de colonisation de Gilo à Jérusalem et un autre perpétré le 4 août 2002 dans le bus 361 à Safed, dans le nord d'Israël, ayant fait neuf morts, en réponse à l'assassinat ciblé de Salah Shehadeh, commandant de la branche armée du Hamas.

M. Faqha avait été arrêté en août 2002 par Israël avant d'être jugé et condamné à neuf peines de perpétuité assorties de 50 années de prison, rapporte encore le Hamas.

Il avait alors déjà été incarcéré à plusieurs reprises par l'Autorité palestinienne pour possession d'armes et d'explosifs.

En 2011, il est libéré dans le cadre de l'échange d'un millier de prisonniers palestiniens contre le soldat franco-israélien Gilad Shalit, détenu cinq ans par le Hamas. Israël lui interdit de revenir en Cisjordanie et le transfère à Gaza, sous blocus israélien depuis 10 ans.

Le passage d'Erez, dans le nord de la bande de Gaza, est l'unique ouverture sur le monde des Gazaouis, à l'exception de Rafah qui mène vers l'Égypte. Un autre point de passage, Kerem Shalom, est réservé aux marchandises et était toujours ouvert dimanche, selon des responsables palestiniens.




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