Israël arrête un juif suspect de fausses alertes à la bombe

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La presse israélienne a décrit le suspect comme un jeune homme vivant en Israël depuis plusieurs années, souffrant de troubles et déclaré inapte à servir par l'armée israélienne.

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Stephen WEIZMAN
Agence France-Presse
Jérusalem

La police israélienne a annoncé l'arrestation d'un adolescent juif soupçonné de dizaines de fausses alertes antisémites à la bombe dans le monde, notamment aux États-Unis où une flambée de menaces a nourri les spéculations sur une montée de l'antisémitisme sous Donald Trump.

Le jeune Israélo-Américain arrêté jeudi matin dans le sud d'Israël aurait par ses agissements semé la panique ou au moins troublé la vie quotidienne dans une multitude de centres communautaires juifs ou des synagogues aux États-Unis, en Australie ou encore en Nouvelle-Zélande.

Dans la plupart des cas, il prévenait de l'explosion imminente d'une bombe, utilisant des moyens technologiques pour déformer sa voix, selon la police.

Ses méfaits remonteraient au moins jusqu'en 2015, quand un de ses appels avait forcé un avion de la grande compagnie américaine Delta Airlines à se poser d'urgence, a dit un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Mais c'est surtout au cours des derniers mois qu'il a sévi, selon la police. L'une des plus grandes organisations américaines de lutte contre l'antisémitisme voit en lui un suspect de premier plan dans une succession d'appels anonymes qui ont semé l'émoi dans des dizaines de centres communautaires juifs.

La police a perquisitionné son domicile et saisi des pièces à conviction.

Elle n'a pas révélé son identité, ni ses motivations. La presse israélienne l'a décrit comme un jeune homme vivant en Israël depuis plusieurs années, souffrant de troubles et déclaré inapte à servir par l'armée israélienne.

Le tribunal de Rishon Letzion auquel il a été présenté a ordonné son placement en détention jusqu'au 30 mars dans un premier temps. Le jeune homme s'est présenté devant la cour en relevant son teeshirt pour dissimuler son visage aux objectifs des caméras. 

Des actes sans auteur

Son avocat Galit Bash a demandé un examen médical. «Nous sommes inquiets de la possibilité que son état médical n'affecte ses fonctions cognitives», a-t-elle dit précisant que son client «âgé de 18 ans et demi, souffre d'un sérieux problème médical».

La multiplication des alertes est devenue suffisamment grave pour que des investigations soient lancées simultanément dans plusieurs pays et que le FBI dépêche des agents en Israël, a dit la police israélienne.

Les institutions juives aux États-Unis sont en butte depuis quelques mois à une flambée des menaces suscitant les conjectures sur une montée de l'antisémitisme en corrélation avec l'accession de Donald Trump à la présidence le 20 janvier.

L'Anti-Defamation League, ONG respectée de lutte contre l'antisémitisme, a recensé plus d'une centaine d'alertes à la bombe contre des centres communautaires juifs depuis le début de l'année.

L'arrestation du jeune homme en Israël est susceptible de fournir des arguments à ceux qui assurent que l'avènement de M. Trump n'est pour rien dans la recrudescence des actes antisémites.

Le ministre de la Justice de M. Trump, Jeff Sessions, s'est empressé de saluer cette arrestation comme «le point d'orgue d'une vaste enquête couvrant plusieurs continents».

«Le ministère de la Justice est résolu à défendre les droits civiques de tous les Américains, et nous ne tolérerons pas qu'une communauté, quelle qu'elle soit, soit attaquée en raison de ses convictions religieuses», a-t-il dit dans un communiqué.

Le jeune homme n'est pas le premier arrêté pour de tels faits. Début mars, le FBI avait arrêté un ancien journaliste, Juan Thompson, 31 ans, suspecté d'avoir lancé de fausses alertes à la bombe contre des établissements juifs aux États-Unis. Les premiers éléments de l'enquête indiquaient qu'il souhaitait ainsi compromettre une ancienne petite amie.

L'Anti-Defamation League a appelé à ne pas baisser la garde. Le «principal coupable» d'une majorité des alertes semble avoir été identifié, a-t-elle dit dans un communiqué, mais «l'antisémitisme aux États-Unis demeure un sujet de très grave inquiétude».

«Personne n'a encore été arrêté pour la profanation de trois cimetières ou toute une série d'autres incidents antisémites comme des croix gammées ou des tracts haineux», a-t-elle dit.




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