Le Liban construit un mur près d'un grand camp palestinien

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Des images publiées depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux montrent la pose progressive d'imposants blocs de béton à l'ouest du camp de Aïn Héloué, le plus grand et le plus peuplé des douze que compte le Liban.

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Agence France-Presse
SAÏDA

Le mur en béton que construit l'armée libanaise près du plus grand camp de réfugiés palestiniens du pays est destiné à empêcher que des «terroristes» s'y infiltrent, a affirmé lundi une source militaire, tandis que des habitants le comparaient au «mur de la honte» en Israël.

Depuis plus d'un demi-siècle et en vertu d'un accord, l'armée libanaise n'entre pas dans le camp de Aïn Héloué, situé près de la ville côtière de Saïda (sud). Il s'est ainsi créé une situation de non-droit et le camp est devenu un havre pour des extrémistes et des personnes recherchées par la police.

«La construction du mur a débuté il y a quelque temps et son objectif est d'empêcher que des terroristes ne s'infiltrent dans le camp de Aïn Héloué depuis les champs voisins», a indiqué lundi à l'AFP une source dans l'armée.

Des images publiées depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux montrent la pose progressive d'imposants blocs de béton à l'ouest du camp de Aïn Héloué, le plus grand et le plus peuplé des douze que compte le Liban.

Selon la source militaire, la construction est une «mesure sécuritaire» décidée suite à l'arrestation dans le camp de plusieurs «terroristes» recherchés. Il ne s'agit «pas d'une prison ou d'un mur de séparation mais d'un mur de protection (...) et la population (du camp) n'en sera pas affectée», a-t-elle assuré.

Fouad Othman, un militant dans le camp, s'est interrogé sur la pertinence de ce mur «puisqu'il existe des barrages de l'armée aux portes du camp qui contrôlent les entrées et sorties».

Selon lui, ce mur est insultant pour les réfugiés palestiniens, qui le comparent à celui construit par l'Etat hébreu en Cisjordanie occupée, devenu un symbole de l'occupation israélienne.

Des Libanais ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux. «Bientôt, les enfants de Aïn Héloué peindront des dessins sur la Palestine et la liberté sur le mur de la honte», a écrit l'un d'eux.

Mounir al-Maqdah, chef des Forces de sécurité palestiniennes au Liban, a estimé que «si le gouvernement libanais avait traité il y a des années le dossier de la présence palestinienne au Liban, il n'aurait pas été nécessaire de construire un mur de séparation ou des tours de contrôle».

Quelque 54 000 Palestiniens enregistrés auprès de l'agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) vivent dans le camp de Aïn Héloué qui accueille aussi depuis quelques années des milliers d'autres Palestiniens ayant fui les combats en Syrie.

La plupart des quelque 450 000 Palestiniens enregistrés auprès de l'ONU comme réfugiés au Liban vivent dans des conditions précaires.

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