Israël: le controversé futur rabbin de l'armée sommé de s'expliquer

Le rabbin Eyal Karim a déjà affirmé qu'il était... (photo archives idf/REUTERS)

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Le rabbin Eyal Karim a déjà affirmé qu'il était « très grave de "fraterniser" avec une femme non-juive », mais que c'était « permis en temps de guerre », car la Torah (la loi juive) permet, « en tenant compte des difficultés rencontrées par les combattants, de satisfaire les mauvais penchants ».

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Agence France-Presse

La Cour suprême israélienne a ordonné lundi un report de la nomination du grand rabbin de l'armée en attendant des explications sur ses déclarations qui ont semblé justifier le viol de femmes non-juives en temps de guerre et ses propos anti-gais.

Le colonel Eyal Karim doit donner des explications d'ici mercredi pour « éclaircir » les positions qu'il a prises dans le passé, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Cour suprême.

La cérémonie militaire qui devait marquer mercredi l'entrée en fonction officielle du nouveau grand rabbin a été reportée à la suite de la décision de la Cour suprême, a-t-on indiqué de sources militaires sans donner davantage de précisions.

Le Meretz, un parti laïc d'opposition de gauche opposé à la promotion du colonel Karim, avait saisi la plus haute instance judiciaire israélienne suite au rappel de ses déclarations passées.

Dans l'une d'elles, le rabbin avait affirmé qu'il était « très grave de "fraterniser" avec une femme non-juive », mais que c'était « permis en temps de guerre », car la Torah (la loi juive) permet, « en tenant compte des difficultés rencontrées par les combattants, de satisfaire les mauvais penchants ».

Le tollé provoqué avait été tel qu'il avait publié en 2012 un communiqué pour expliquer qu'il était strictement opposé au viol et que ces déclarations ne concernaient que l'époque biblique.

Le rabbin Karim s'était également prononcé contre le service militaire pour les femmes, qui doivent porter l'uniforme pendant deux ans contre 32 mois pour les hommes.

En 2003, il avait estimé que tout Palestinien ayant survécu à un attentat-suicide qu'il a commis devait être tué sur place. « Les terroristes ne doivent pas être traités comme des êtres humains, ce sont des animaux », avait-il déclaré.

À propos des homosexuels, il a suggéré qu'ils subissent des traitements, car il s'agit selon lui de personnes « malades et handicapées ».

Malgré les multiples critiques suscitées par ses propos, le chef de l'état-major Gadi Eisenkot avait justifié en juillet le choix du rabbin Karim, soutenant que ses propos avaient été énoncés alors qu'il était civil.

L'armée avait assuré que le colonel Karim respecterait toute personne « sans distinction de religion, de race ou d'orientation sexuelle » et qu'il soutenait le service militaire pour les femmes.

Le colonel Karim doit en principe succéder au rabbin général Rafi Peretz qui a achevé un mandat de six ans. Il a étudié à la Yeshiva (séminaire talmudique) Ateret Cohanim, bastion des religieux nationalistes partisans d'une colonisation accélérée à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël. Il a aussi servi comme combattant et a dirigé un commando parachutiste.

La position de grand rabbin de l'armée est essentiellement symbolique dans un pays où la grande majorité de la population est juive et où l'armée joue un rôle déterminant. Le grand rabbin militaire conseille le chef d'état-major sur les sujets relatifs à la religion. Un représentant du rabbinat est présent dans chaque unité de l'armée.

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