Israël: un proche de Nétanyahou fait surveiller des journalistes de «gauche»

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Benjamin Nétanyahou

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Agence France-Presse
Jérusalem

Un proche du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a affirmé dimanche avoir fait surveiller les pages Facebook de journalistes que le pouvoir accuse d'être de gauche et d'avoir infiltré un nouvel organisme chargé des médias publics.

Un syndicat de journalistes ainsi que des membres de l'opposition ont dénoncé ces pratiques en évoquant la Stasi, ancienne police secrète est-allemande, le KGB soviétique et le maccarthysme.

«Je ne suis pas prêt à ce que des gens de gauche imposent leur plan dans le service public comme ils le disent» dans leurs pages Facebook, a affirmé le député David Bitan, chef de la coalition parlementaire et membre du Likoud, le parti de droite de M. Nétanyahou. «Nous avons suivi les messages de ces journalistes sur Facebook», a-t-il ajouté.

Pressé de questions, il s'est refusé à divulguer cette liste des journalistes incriminés engagés par la Public Broadcasting Corporation, un organisme qui devait remplacer le 1er janvier l'Autorité de Radio-Diffusion (IBA) qui supervise la radio et la télévision publique.

M. Nétanyahou, après avoir donné son feu vert à la création du nouvel organisme en 2014, a fait machine arrière et se bat désormais pour son démantèlement avant même qu'il commence à fonctionner. Ses proches estiment qu'il a été infiltré par des journalistes de gauche, si bien que le premier ministre prône désormais le maintien de l'IBA.

Mais cette volte-face de M. Nétanyahou a provoqué une épreuve de force avec le ministre centriste des Finances Moshé Kahlon, opposé au démantèlement du nouvel organisme qui emploie 400 employés, pour des raisons financières et politiques.

Pour obtenir satisfaction, M. Nétanyahou aurait, selon les médias, agité la menace d'élections anticipées.

L'Union des Journalistes en Israël a appelé le procureur général à ouvrir une enquête pour déterminer si David Bitan avait violé la loi qui défend la vie privée des journalistes, tout en dénonçant des «menaces dignes du maccarthysme».

Le député d'opposition de gauche du Meretz Ilan Gilon a pour part critiqué ces «méthodes méprisables dignes de la Stasi» tandis que le député de l'Union Sioniste (opposition) Hilik Bar évoquait le spectre du KGB.

Le secrétaire général de la Histadrout, la puissante centrale syndicale Avi Nissenkorn, a menacé de déclencher une «grève générale» en cas de démantèlement des médias publics.

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