Bahreïn: le chef spirituel des chiites déchu de sa nationalité

Des activistes sont photographiées, le portrait du cheik... (PHOTO Hasan Jamali, ARCHIVES AP)

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Des activistes sont photographiées, le portrait du cheik Issa Qassem à la main, alors qu'elles attendent le début d'une manifestation de soutien au plus haut dignitaire chiite à Karrana, en banlieue de Manama, en mai 2013.

PHOTO Hasan Jamali, ARCHIVES AP

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Agence France-Presse
DUBAÏ, Émirats arabes unis

Le gouvernement bahreïni a déchu lundi de sa nationalité le plus haut dignitaire chiite du pays, confirmant sa ligne dure contre toute velléité de contestation dans ce petit royaume du Golfe agité de troubles sporadiques depuis 2011.

Cheikh Issa Qassem est accusé de servir « des intérêts étrangers » et d'« encourager le confessionnalisme et la violence », a annoncé le ministère de l'Intérieur pour justifier le retrait de la nationalité bahreïnie.

Ce dignitaire est considéré comme le chef spirituel de la majorité chiite dans ce pays dirigé par une dynastie sunnite.

Officiant comme imam et prédicateur dans une mosquée de Diraz, un village chiite à l'ouest de la capitale Manama, il est connu pour ses critiques de la politique répressive du gouvernement, dans les prêches qu'il donne lors de la prière hebdomadaire du vendredi.

Le retrait de sa nationalité illustre le durcissement du régime après la suspension le 14 juin du principal mouvement d'opposition chiite, Al-Wefaq, et l'arrestation un jour auparavant de l'opposant et militant des droits de l'homme Nabil Rajab.

« Prévenir le confessionnalisme »

Cheikh Issa Qassem « a adopté la théocratie et proclamé l'allégeance absolue aux dignitaires religieux, par ses discours et ses fatwas », ou édits religieux, indique le ministère, qui l'accuse d'« avoir nui aux intérêts suprêmes du pays » et « entretenu des contacts réguliers avec des organisations étrangères et des parties hostiles au Royaume » de Bahreïn.

Le ministère laisse entendre dans son communiqué que ce dignitaire n'était pas originaire de Bahreïn, mais ne précise pas à quelle date il a obtenu la nationalité bahreïnie, alors que différentes sources en ligne indiquent que l'homme est natif de Diraz.

Le premier ministre bahreïni, Khalifa Ben Salmane Al-Khalifa, a réaffirmé en conseil des ministres lundi « la fermeté » de la politique de son gouvernement pour « préserver la sécurité, renforcer la stabilité » du pays et prévenir « le confessionnalisme et la violence ».

« Il n'y aura pas de place pour ceux qui incitent à la violation de la loi ou qui menacent la sécurité du pays », a-t-il martelé.

Le chef d'Al-Wefaq, Ali Salmane, purge une lourde peine de prison pour complot contre le régime et incitation à la désobéissance et à la haine confessionnelle. Détenu depuis décembre 2014, il a été condamné en juin 2015 à quatre ans de prison, et sa peine a été alourdie en mai en appel à neuf ans de réclusion.

Bahreïn est le théâtre de troubles sporadiques depuis la répression d'un mouvement de contestation lancé en février 2011 dans la foulée du Printemps arabe. Il est animé par la majorité chiite qui réclame une véritable monarchie constitutionnelle dans le pays dirigé par une dynastie sunnite.

Depuis, la justice a alourdi les peines de prison et rendu plusieurs jugements retirant leur nationalité à des Bahreïnis souvent reconnus coupables de violences, que les autorités attribuent régulièrement à des « terroristes » bénéficiant selon elles de la « complicité » de l'Iran.

Le pouvoir à Bahreïn, siège de la Ve Flotte américaine, nie toute discrimination envers les chiites et accuse régulièrement l'Iran de « tentatives de déstabilisation », ce que Téhéran dément.

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