L'Europe appelée à défendre la liberté de presse en Turquie

Les policiers turcs ont utilisé des gaz lacrymogènes... (PHOTO ASSOCIATED PRESS)

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Les policiers turcs ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des manifestants qui s'étaient réunis à l'extérieur des bureaux du journal Zaman, samedi.

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ANKARA

L'Union européenne (UE) est confrontée à une pression grandissante pour dénoncer l'érosion de la liberté de presse en Turquie à la suite de la mise en tutelle du plus grand quotidien du pays.

D'aucuns croient que l'UE restera plutôt timide alors qu'elle tente de s'entendre avec Ankara pour gérer l'afflux de migrants provenant du Moyen-Orient.

Les policiers turcs ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants qui s'étaient réunis, samedi, à l'extérieur des bureaux du journal Zaman - qui sont maintenant entourés de clôtures.

Les forces de l'ordre ont fait irruption dans l'édifice du quotidien, vendredi, pour mettre en place une tutelle ordonnée par la cour. Le journal est lié à l'ennemi numéro un du président Recep Tayyip Erdogan, l'intellectuel musulman Fethullah Gulen, qui vit maintenant aux États-Unis.

La mise sous tutelle du Zaman par un tribunal d'Istanbul réduit d'autant plus le nombre de médias liés à l'opposition en Turquie. Certains s'inquiètent des conditions des droits de la personne dans ce pays membre de l'OTAN, qui aspire à adhérer éventuellement à l'Union européenne.

La nouvelle survient seulement quelques jours avant une rencontre entre l'UE et la Turquie qui devrait porter une fois de plus sur la crise des migrants.

« L'Europe est préoccupée par sa crise de migration, elle ne s'inquiète plus des violations des droits en Turquie », s'est désolé Semih Idiz, chroniqueur du journal d'opposition Cumhuriyet et de l'indépendant Daily Hurriyet.

« Ils diront des choses pour la forme, mais ils savent qu'ils sont dépendants de la Turquie », a-t-il ajouté.

Des groupes de défense des droits de la personne accusent l'UE de rester silencieuse face à la détérioration des droits en Turquie. « L'Union européenne et les États-Unis, comme alliés de la Turquie, ne devraient pas échanger l'appui de la Turquie sur la migration et la Syrie contre le démantèlement des institutions démocratiques », a pesté Daniel Calingaert, vice-président exécutif de l'organisme américain Freedom House.

Le premier ministre Ahmet Davutoglu, qui était de passage en Iran, a martelé que la mise en tutelle du quotidien était une décision judiciaire et non politique. Il a nié que le gouvernement ait pu intervenir dans l'opération.

Le commissaire de l'UE à l'élargissement, Johannes Hahn, a écrit sur Twitter qu'il était « très inquiet » par la nouvelle. « La Turquie, un pays candidat, doit respecter la liberté de la presse », a-t-il ajouté.

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